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Le lait de chèvre coule à flots

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France, Espagne et Pays-Bas pèsent 91 % de la fabrication de fromages pur chèvre. Sur ce segment, la France domine largement, avec 54 %, suivie de l’Espagne (25 %) et des Pays-Bas (12 %), en croissance rapide. © C. FAIMALI

Portée par l’ultra-frais, la collecte française progresse. Mais elle est sous la pression des importations.

Après six ans de baisse, le nombre de chèvres et de chevrettes saillies a augmenté de 5,3 % fin 2017 par rapport à fin 2016 (1). L’arrivée massive de chevrettes a assuré une hausse de la collecte au premier trimestre, même si l’excellente performance de janvier (+ 4 % par rapport à janvier 2017) a été pondérée par les températures stressantes de février et mars (voir ci-dessus). « Nous nous attendons au redémarrage de la collecte en 2018, avec un marché qui devrait rester dynamique et s’appuyer de plus en plus sur l’ultra-frais », résume Benoît Baron, de l’Institut de l’élevage (2). L’ultra-frais est particulièrement porteur : lait conditionné (+ 7 %) et yaourts (+ 14 %) ont connu une forte progression en 2017, qui s’accentue encore début 2018. En revanche, la production de fromages de chèvre a perdu 1,3 % l’an dernier, surtout du fait de l’érosion des bûchettes (- 4,7 %), alors même que les fromages frais ont progressé (+ 4 %).

« Mais la France devra trouver un équilibre avec ses importations, sachant que deux autres grands pays caprins, l’Espagne et les Pays-Bas, augmentent aussi leurs cheptels, tempère Benoît Baron. Début 2018, la collecte et les importations dynamiques ont entraîné une forte hausse des stocks de report, qui risquent de peser sur les marchés. » Il regrette par ailleurs que l’évolution du nombre d’exploitations caprines et de livreurs ne s’inverse pas. En effet, un quart des éleveurs caprins ont plus de 55 ans. Or ils représentent 1 766 exploitations et pèsent 20 % de la production.

FranceAgriMer note pour sa part l’importance de surveiller les importations : en janvier, plus d’un litre sur trois a été importé… Même si l’absence de code douanier spécifique pour le lait de chèvre complique le suivi, l’Espagne est pointée du doigt.

Trois pays en croissance

Trois pays représentent 78 % de la collecte de lait de chèvre de l’UE : l’Espagne, la France et les Pays-Bas (voir carte). L’an dernier, l’Hexagone a assuré 27 % de la production européenne avec 465,5 millions de litres (Ml) pour 9 % du cheptel. La collecte espagnole s’élevait à 478 Ml, soit 4 % de plus qu’en 2016. Le seul mois de janvier 2018 confirme la tendance haussière, avec des volumes supérieurs de 5,2 % à ceux de janvier 2017. La collecte néerlandaise frôlait 300 Ml et pourrait dépasser 340 Ml cette année.

Yanne Boloh

(1) Dans les exploitations françaises de plus de 10 chèvres. (2) Lors de la journée sur la chèvre organisée par l’Association française des techniciens de la nutrition animale, le 27 mars à Tours.

L’Europe orientée vers le lait

L’Europe, avec 12,8 millions de têtes de caprins, soit moins de 2 % des effectifs mondiaux de caprins, apparaît comme une toute petite région face aux poids lourds que sont l’Asie (57 %) et l’Afrique (37 %). Mais elle est clairement orientée vers la production laitière, puisqu’elle produit 15 % des volumes mondiaux de lait (2,3 millions de tonnes).

Si le cheptel français a progressé de 2 % en 2017 par rapport à 2016, l’Espagne a enregistré une hausse de 1 % sur un cheptel deux fois plus important, et les Pays-Bas affichent + 10 % sur un cheptel moitié moins gros. La Roumanie est un autre concurrent européen : ses effectifs ont dépassé la France en 2014, et sa collecte s’accroît encore de 2 % car elle s’oriente de plus en plus vers le lait. À l’inverse, le troupeau italien, davantage orienté vers la production de viande, perd 4 %. La Grèce, qui possède le plus gros cheptel européen (orienté viande), a de son côté décapitalisé depuis 2007 (- 35 %), pour faire rentrer des devises, déstabilisant les exportations françaises de chevreaux vers l’Italie.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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