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Le Covid-19 pèse toujours sur le cours du porc

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En juin, le rythme © S. Champion

En Europe, les fermetures d’abattoirs et les suspensions d’autorisations d’exporter encombrent le marché intérieur. À l’export, la compétitivité fait défaut.

Les années se suivent et ne se ressemblent pas sur le marché du porc. « Nous connaissons une situation inédite, indique Élisa Husson, économiste à l’Institut du porc (Ifip). Alors que les cours du vif devraient normalement remonter durant la période estivale, ils demeurent sur une tendance stable à baissière. » De janvier à avril, les exportations communautaires de viande porcine (Union européenne à 27) vers les pays tiers ont pourtant progressé de 8,2 % sur un an. Ces volumes supplémentaires ont été essentiellement absorbés par la Chine. « Les besoins du pays restent élevés en raison de la fièvre porcine africaine, qui continue d’affecter son cheptel », souligne Élisa Husson.

Mais l’épidémie de coronavirus est venue jouer les trouble-fête. « Depuis le 28 juin, la Chine a interdit à quatre abattoirs néerlandais d’exporter, rapporte l’Ifip. Aucune raison claire n’a été explicitement indiquée, mais des infections au Covid-19 ont été recensées parmi le personnel de ces outils. La durée de l’interdiction est également inconnue. Pékin enquête sur les origines de la nouvelle vague d’infections dans le pays. »

En Allemagne, l’abattoir du groupe Tönnies à Rhéda (Rhénanie du Nord), a repris son activité après plus d’un mois d’arrêt, suite à la découverte d’un foyer de Covid-19 parmi les salariés. Selon le Marché du porc breton (MPB), il s’agit de l’un des plus grands abattoirs allemands et européens. « Les retards [d’abattage] sont importants. Il faudra du temps pour les résorber », appuie le MPB.

Concurrence internationale

Si les outils français n’ont pas subi de suspension d’autorisation d’exporter vers la Chine, l’arrêt temporaire de certains abattoirs, couplé aux jours fériés de mai, puis de juillet, ont concouru à une hausse des poids d’abattage (voir l’infographie).

« Face à cette débâcle européenne, les acheteurs chinois en profitent pour mettre la pression sur les tarifs », analyse le MPB, le 13 juillet. Les concurrents des opérateurs européens se trouvent de l’autre côté de l’Atlantique. Aux États-Unis, « si les abattages ont augmenté sensiblement depuis début juin, les retards sont estimés à 3 millions de porcs environ », observe le MPB. Avec plus de 105 000 tonnes de viande porcine envoyées vers l’Empire du Milieu en avril, « le géant américain conserve sa place de leader des fournisseurs de la Chine », confirme Élisa Husson.

Le Brésil renforce également sa présence sur la scène internationale. Durant le premier semestre de 2020, les exportations du pays ont progressé de 35 % par rapport à 2019. « Les niveaux de prix actuels, entre 0,70 et 0,90 €/kg, défient toute concurrence, malgré des hausses régulières obtenues en juin », constate le MPB. Avec 44 % des volumes totaux exportés, la Chine devient la principale destination des viandes brésiliennes. « Hong Kong arrive en deuxième place », précise l’Ifip.

Vincent Guyot

Vers une chute de la production mondiale

En 2020, la production porcine mondiale devrait reculer de 12,9 % sur un an, et de 23,1 % par rapport à 2018, selon l’Institut du porc (Ifip). La Chine, qui détenait près de la moitié du cheptel porcin de la planète, a perdu 50 % de ses effectifs entre 2018 et 2019, en raison de l’épizootie de peste porcine africaine. « La crise du Covid-19 a également un impact sur la dynamique de production, entraînant à la baisse les prévisions pour 2020 », explique l’Ifip. Cette année, l’Union européenne à 28 représentera 28 % de la production porcine mondiale, derrière la Chine (33,3 %) et devant les États-Unis (15,1 %). « Les fondamentaux du marché induiront un maintien, voire une croissance du commerce, les prix du porc devraient rester soutenus », avance l’institut.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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