L’issue du Brexit est un enjeu majeur pour l’équilibre du marché européen de la viande de volailles. Le Royaume-Uni représente 15 % de la population de l’Union européenne (UE), 20 % de la consommation de volailles, et entre le tiers et la moitié des importations hors-UE. Le pays importe directement 240 000 tonnes de viande en provenance de pays tiers, auxquelles il faut ajouter 145 000 t qui transitent par les Pays-Bas. L’Union européenne à 27 (hors Royaume-Uni, NDLR) exporte de son côté 450 000 t de viande de volaille vers les îles britanniques, dont 110 000 t via la seule filière polonaise. En cas de sortie de l’UE sans accord, des quantités conséquentes de viandes européennes ne trouveraient pas de débouchés. La filière française pourrait être particulièrement déstabilisée, car la part de ses achats auprès de concurrents européens est déjà très forte, de l’ordre de 40 à 45 % concernant les poulets. Par ailleurs, des viandes venant de pays tiers pourraient également entrer sur le marché européen sans débouché. Ces marchandises, essentiellement en provenance de la Thaïlande et du Brésil, sont des produits à forte valeur ajoutée. Il s’agit notamment de filets destinés aux segments des produits transformés et de la restauration hors-domicile, qui représentent de véritables relais de croissance pour la consommation de volailles sur l’Ancien Continent ».