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Dossier Le blé dur français absent à l’international

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La récolte catastrophique risque d’engendrer une chute de 80 % des exportations vers pays tiers.

Le blé dur n’a pas été épargné par les chutes de rendements à la suite des pluies diluviennes du mois de juin. Avec 40 q/ha de rendement moyen cette année, contre 57 q/ha l’an passé, la production française de blé dur a chuté ; et ce malgré une hausse des surfaces. « Alors qu’on s’attendait à 1,8, voire 2 millions de tonnes (Mt) de production cette année, on assiste à un net recul à 1,4 Mt », observe Caroline Bitton, d’Agritel. Non seulement les volumes produits sont décevants, mais la qualité n’est pas non plus au rendez-vous. « D’après les retours de nos adhérents, le Sud-Ouest présente des rendements moins catastrophiques, mais avec une protéine limitée. En Charente-Maritime, les rendements sont mauvais, mais la qualité apparaît correcte. Ce ne sera pas le cas de la Vendée, qui cumule mauvais rendement et 20 % de grains mouchetés. Les résultats sont pires encore en région Centre, où les rendements ont chuté de 60 %, et où probablement toute la récolte sera déclassée en aliment du bétail », déplore Caroline Bitton.

40 % de la production déclassée

Le taux de protéine n’est pas le seul critère technologique important dans la commercialisation du blé dur. Sa vitrosité et sa couleur sont eux aussi essentiels à son passage en semoulerie et fabrication de pâtes. Ainsi, ODA estime que 40 % de la production française sera déclassée en feed, soit près de 500 000 t. Malgré cela, Paul Gaffet, d’ODA, prévoit que « les besoins internes des industriels seront satisfaits ». C’est donc l’export qui sera sacrifié. « On s’attend à une chute de 80 % de nos exportations », poursuit l’expert. « La situation française ne fait pas monter les prix, car le reste de la production mondiale se porte encore bien », explique Caroline Bitton. Aux États-Unis, les potentiels sont bons et le pays devrait produire une nouvelle fois 2,2 Mt. Au Mexique, la moisson, réalisée en avril, présente des résultats excellents avec 2,5 Mt récoltées. En Europe, l’Italie accroît elle aussi sa production à 4,5 Mt. Finalement, le Canada, premier producteur mondial de blé dur, a augmenté ses surfaces cette année et s’attend à récolter plus de 6 millions de tonnes ! Une situation qui ne devrait pas améliorer les cours mondiaux. « Le blé dur n’est qu’un marché de 40 Mt, il suffirait du moindre incident au Canada pour que les prix remontent, c’est pour cela que nous suivons la récolte outre-Atlantique avec attention », nuance l’analyste d’Agritel.

Carole Le Jeune
« Une méchante gifle donnée au plan de relance français »

« Passer de la fragilité à l’ambition » : voici les mots choisis en janvier 2016 par Jean-François Gleizes, président du comité de pilotage de la filière du blé dur, pour présenter le plan de relance de la production de blé dur française. Un objectif : atteindre une surface de 600 000 ha de blé dur en 2020. Alors que la hausse des surfaces en 2016 donnait de l’ambition au comité blé dur, aujourd’hui c’est la douche froide. Avec des résultats catastrophiques, notamment dans les régions non productrices historiques, l’objectif sera difficilement atteint. « Ce n’est pas un revers mais une méchante gifle donnée au plan de relance national », déplore Jean-François Gleizes. Il reste néanmoins optimiste. Selon lui, la récolte française de blé dur présente tout de même des qualités, notamment au niveau des taux de protéine qui doivent être mis en valeur sur les marchés mondiaux. « On n’enlèvera tout de même pas le mal qui a été fait, c’est pour cela que le blé dur doit être pris en compte de la même manière que les autres céréales dans les mesures envisagées par l’État face à la crise », conclut le président.

Les intempéries du mois de juin ont fortement dégradé les rendements et la qualité du blé dur français. Ailleurs dans le monde, les bonnes récoltes ne présagent pas de hausse des prix. © S. CHAMPION
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Une embellie de courte durée en blé

« L’embellie n’a pas duré longtemps », souligne Sitagri, alors que le blé était marqué le 24 mai 2022 à la baisse, après avoir rebondi au début de la semaine. À Chicago, les marchés ont en effet clôturé mardi en ordre dispersé : le blé a cédé 35 c et le maïs 14 c.
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