Les filières viandes en agriculture biologique gardent le vent en poupe, selon l’Observatoire des viandes bio 2019, diffusé le 16 septembre par l’Interprofession du bétail et des viandes (Interbev). Établis à 53 629 tonnes en 2019, les volumes totaux d’abattage affichent une croissance de 16 % par rapport à 2018.

Le secteur porcin connaît la plus belle avancée, totalisant 19 795 tonnes abattues (+ 32 % par rapport à 2018). Entre les élevages certifiés bio et ceux en conversion, l’Agence Bio répertorie un développement du cheptel de truies à hauteur de 27 % en 2019. Devant cette progression, la prudence des professionnels reste de mise, afin de limiter le déséquilibre matière « qui a commencé à se faire sentir au second semestre », renseigne l’interprofession.

En gros bovins allaitants, l’augmentation de la part des troupeaux bio (incluant les installations et les conversions) se poursuit, mais à un rythme plus modéré (+ 3 % par rapport à 2018). « Depuis 2015, la croissance est portée par les vaches », ajoute Interbev. Si la demande des consommateurs est au rendez-vous en viande bovine, elle est surtout axée sur le haché et les produits élaborés. « En 2019, les achats de steak haché frais de viande de bœuf issu de l’agriculture biologique progressent de 11 % en volume et de 10 % en valeur par rapport à 2018 », analyse l’interprofession. Ainsi, les opérateurs des filières des viandes bio font aussi face à une problématique de valorisation des pièces nobles. Pour maintenir un certain équilibre, poursuit Interbev, « il est toujours primordial de diversifier les gammes de viandes pour permettre de valoriser tous les types et catégories d’animaux ».

Concernant la filière ovine, le nombre de brebis viande certifiées en bio et en conversion s’accroît peu à peu (+ 5 % par rapport à 2018). Les abattages, qui totalisent 1 861 tonnes, enregistrent une hausse de 11 % par rapport à l’année précédente. « Ces produits trouvent des débouchés sur tous les types de circuits », signale Interbev. La vente directe absorbe 22 % des volumes.

La grande distribution capte la majorité des volumes

En termes de ventes, l’année 2019 est marquée par une forte augmentation de la part des viandes bio commercialisées en restauration hors domicile (+ 34 % en volume par rapport à 2018). Si les tonnages écoulés sont encore faibles, ils marquent un premier pas vers l’ambition de la loi Alimentation d’intégrer 20 % de produits bio ou issus d’une ferme en conversion dans la restauration collective d’ici 2022. Cet essor profite notamment à la viande de veau. Pour autant, « la majorité des ventes en volume (56 %) reste réalisée au sein de la grande distribution », suivi des magasins spécialisés (14,7 %). Les volumes restants se répartissent entre la boucherie artisanale (12,2 %) et la vente directe (9,3 %).

Lucie Pouchard

« La progression des abattages de gros bovins allaitants et laitiers/mixtes a pu couvrir une demande dynamique », conforte Interbev. © P. Gleizes