La production française de lapins a régressé de 7,3 % en 2021 par rapport à 2020, pour s’établir à 30 202 tonnes. Durant la même période, la consommation n’a baissé que de 5 %. « Ce différentiel s’explique par un frein mis à la production en 2021 pour se débarrasser des stocks accumulés lors de la crise sanitaire du Covid et assainir le marché. La consommation s’est donc relativement bien tenue », note François Cadudal, responsable du service économie de l’Itavi (1).

Dans ce contexte, en 2021, le solde du commerce extérieur progresse en volume (+ 6,1 % par rapport à 2020), mais recule de 13,8 % en valeur, les prix moyens à l’exportation étant plus faibles. Les envois français sont en repli (- 4,9 % en volume). Il est toutefois à signaler qu’ils progressent vers les États-Unis, marché qui s’est ouvert récemment.

Du côté des importations, une forte baisse a été observée (- 20,7 % en volume par rapport à 2020), notamment depuis la Belgique (- 38 %) et la Chine (- 28 %). Elles ont augmenté depuis l’Espagne et la Hongrie.

En 2021, les achats des ménages se sont repliés de 3 % et le prix a progressé de 1,7 %. « La dynamique est différente selon la praticité des produits. Même si le lapin entier représente 50 % des parts de marché, on constate un fort recul sur ce type de produit en cinq ans (- 8 points), et une progression des découpes (+ 5 points). Par rapport à la volaille, les prix ont été mieux valorisés en 2021 en comparaison à 2019, ce qui est plutôt encourageant », analyse l’économiste.

Flambée des charges

Pour 2022, l’Itavi anticipe un recul modéré de la production française, de l’ordre de 4 %. En début d’année, les cotations du vif ont atteint des records (+ 10 % par rapport à 2021), mais la filière doit faire face à des hausses sans précédent du coût de production. La question est de savoir si la filière sera capable de répercuter de nouvelles augmentations de prix et quel sera leur impact sur la consommation.

I. Lejas

(1) Institut technique de l’aviculture.