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Lapin Des achats en berne

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La relance de la consommation est un enjeu majeur pour toutes les filières cunicoles européennes.

La production française de lapin va mal. Les manifestations de producteurs en grande surface durant l’été nous l’ont rappelé. Les éleveurs vendent aujourd’hui à perte. En cause : la baisse des prix engendrée par la diminution tendancielle de la consommation. Sur les neuf premiers mois de l’année, les achats de lapin par les ménages ont baissé de 15,2 % par rapport à la même période de 2016. Cette viande reste chère et garde l’image d’un aliment difficile et long à cuisiner. Et, bien que les échanges ne représentent qu’une part minime de la production nationale (12 %), la concurrence des pays voisins maintient des prix bas. Eux aussi sont confrontés à un recul de la consommation.

« La tendance à la diminution de la consommation s’observe dans l’ensemble des pays européens de façon plus ou moins marquée », confirme Camille Deman (1), de l’Itavi, en s’appuyant sur une étude réalisée par l’Itavi et FranceAgriMer en 2016.

L’Espagne (65 000 tonnes) reste le premier producteur en Europe, et exporte surtout vers le Portugal. La consommation se maintient mieux que dans les autres pays (autour de 1,2 kg/habitant/an) car il s’agit d’un produit très ancré dans la tradition, incontournable par exemple pour la paella valenciana. L’interprofession ibérique se félicite d’avoir joué un rôle dans la stabilisation de la consommation grâce à une promotion active du produit. En Italie, la production est en baisse, en lien avec le fléchissement de la consommation. Cette dernière s’est réduite à 0,8 kg/habitant/an, au même niveau qu’en France. La production hongroise est stable. Elle a la particularité d’être entièrement dédiée à l’exportation, car trop chère pour être consommée sur le marché intérieur compte tenu du faible pouvoir d’achat (salaire moyen de 300 €/mois). La filière est très organisée mais très dépendante des taux de change et du ralentissement de consommation chez ses principaux clients (Allemagne et Suisse essentiellement).

Les filières belge et hollandaise sont quant à elles interdépendantes. Les Pays-Bas ne disposant plus d’abattoirs, 90 % de la production en vif est abattue en Belgique et une petite partie revient sous forme congelée. En Belgique, la consommation est d’environ 350 g/habitant/an. Elle est stable grâce à une valorisation du produit par les normes bien-être (lapin élevé en parc ou 100 % belge), mais là-bas aussi, cette viande séduit de moins en moins les jeunes.

Isabelle Lejas

(1) Lors d’une présentation de cette étude au Space, en septembre 2017.

En France, la consommation de lapin est passée de 1,42 kg/habitant/an en 2000 à 0,8 kg en 2015, soit 42 % de baisse. Sur la même période, la consommation totale de viande a reculé de 9,7 %, à 90 kg/habitant/an. © C. WATIER
Bien-être : de nouvelles attentes sociétales

L’autre défi pour la filière est de répondre aux nouvelles attentes sociétales, avec la remise en question de l’élevage en cage sous la pression d’associations de défense des animaux. Certains pays se sont orientés vers une production répondant à des normes exigeantes.

En France, la filière entame une réflexion collective sur les modes de logement alternatif, avec l’objectif de valoriser les efforts d’investissements grâce à une filière mieux structurée. Aux Pays-Bas, les cages « bien-être » existent depuis 2006 et l’objectif pour 2022 est d’engraisser en parc 50 % des lapins. Depuis le 1er janvier 2016, les éleveurs belges doivent passer en parc, avec une échéance à 2025 pour l’ensemble des exploitations (maternité et engraissement). En Hongrie, tous les systèmes d’élevage coexistent et sont dictés par les pays clients (parc pour l’Allemagne, cage standard pour l’Italie…). D’autres pays comme l’Espagne et l’Italie envisagent plutôt d’investir dans des outils de production compétitifs, bien que l’Italie ait initié une démarche vers le logement en parc. L’élevage alternatif est peu présent en Espagne.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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