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Laits infantiles Un marché dicté par la Chine

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En 2017, les Pays-Bas, l’Irlande, la France et l’Allemagne ont assuré 66 % des importations chinoises de poudres de lait infantiles, contre 15,6 % pour la Nouvelle-Zélande. © Cédric FAIMALI

Premier importateur mondial, l’empire du Milieu s’apprête à davantage réglementer le marché en 2018.

La Chine ne cesse d’accroître sa soif pour les laits infantiles. « En 2017, les importations devraient atteindre 300 000 tonnes, soit une progression de 35 % par rapport à 2016, estime Jean-Marc Chaumet, économiste spécialiste de la Chine à l’Institut de l’élevage (Idele). À cela s’ajoutent environ 150 000 tonnes importées via des achats sur internet, qui ne sont pas enregistrées par les douanes. » Avec à peine 600 000 tonnes produites en 2016, le pays ne parvient pas à couvrir ses besoins. « La production stagne et devrait se situer en retrait en 2017, précise l’économiste. La défiance des Chinois envers les produits fabriqués sur leur territoire suite à la crise de la mélamine en 2008 a nettement ralenti les fabrications. »

C’est l’Union européenne, premier exportateur mondial de poudres infantiles (470 000 t en 2016), devant la Nouvelle-Zélande (77 000 t), qui honore la majorité des commandes chinoises. En valeur, le lait infantile tenait le second rang des exportations hors Europe en 2016 (25 %), derrière les fromages (28 %). En France, ce marché représentait 15,6 % du solde des échanges de produits laitiers en 2016, soit près de 513 millions d’euros. Sur les neuf premiers mois de 2017, les envois français vers la Chine ont été multipliés par trois, par rapport à l’an passé.

Contrôle des recettes

Toutefois, cette fluidité des flux pourrait s’enrayer, avec le durcissement de la réglementation chinoise. Pékin a mis en place un système d’enregistrement obligatoire des recettes de poudres de lait infantiles, chinoises comme étrangères (lire l’encadré ci-dessous). « Seules celles ayant obtenu l’agrément avant le premier janvier 2018 pourront être vendues sur le territoire chinois », indique Jean-Marc Chaumet.

Si les autorités entendent « clarifier et réorganiser le marché », ce nouveau cadre réglementaire semble être un obstacle pour un certain nombre d’exportateurs. « À la mi-décembre, 800 recettes étaient enregistrées, contre plus de 2 000 vendues en 2016, observe Jean-Marc Chaumet. Près de 80 % des recettes enregistrées appartenaient à des entreprises chinoises. » Du côté des industriels français, Sodiaal, Synutra et Isigny-Sainte-Mère auraient obtenu leur agrément. Ce n’est pas le cas de Lactalis, pour qui la contamination du site de production de Craon (Mayenne) par une salmonelle (lire p. 21) ne permet plus l’exportation vers la Chine.

Vincent Guyot
©
Ce que dit la nouvelle réglementation chinoise

Pour obtenir l’agrément de leurs recettes par la China Food and Drug Administration (CFDA), les entreprises productrices de poudres infantiles doivent respecter les conditions suivantes :

La limitation à 3 du nombre de recettes par âge et par usine et à 9 du nombre total de recettes par marque.

La présence d’un centre de recherche et de développement.

La nécessité d’un système de supervision de la qualité.

L’interdiction de la production à façon, le détenteur de la marque devant également détenir l’entreprise productrice.

Selon Jean-Marc Chaumet, de l’Institut de l’élevage (Idele), « ces contraintes pourraient dans un premier temps favoriser les entreprises chinoises, qui semblent obtenir en plus grand nombre l’enregistrement de leurs recettes. Elles pourraient ainsi occuper la place laissée par certains opérateurs étrangers n’ayant pas obtenu l’agrément. A l’horizon 2019, les autorités chinoises devraient également réglementer les importations par internet. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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