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Lait : les États-Unis, troisième exportateur mondial

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Malgré une consommation dynamique, les excédents s’accroissent, concurrençant les produits européens.

Derrière l’Union européenne et la Nouvelle-Zélande, les États-Unis consolident leur place de troisième exportateur mondial de produits laitiers, assurant 15 % des échanges mondiaux. La progression de la production laitière est constante depuis plus de dix ans (voir l’infographie). Sa hausse est plus rapide que celle de la consommation intérieure, et l’excédent trouve preneur sur le marché mondial. Les consommateurs américains sont très demandeurs de matières grasses, du fait d’une réhabilitation récente des qualités du beurre auprès du grand public.

« La chaîne de restauration McDonald’s‎a, par exemple, réintroduit l’utilisation de matières grasses animales », illustre Mélanie Richard, économiste de l’Institut de l’élevage (Idele). La fraction protéique du lait, reliquat du prélèvement des matières grasses, est principalement transformée en poudre maigre, destinée à l’export, faute de débouché intérieur. La poudre se trouve en tête des ventes extérieures de produits laitiers (voir l’infographie). En valeur, les ingrédients secs et les fromages représentent respectivement 65 et 25 % des exportations pour la période 2013-2015.

Même gamme de produits

Les produits d’export sont identiques à ceux vendus par l’UE, elle-même consommatrice de matière grasse et exportatrice de protéines. « La poudre de lait maigre est un produit très standard, utilisé dans l’industrie agroalimentaire ou en alimentation animale, précise Mélanie Richard. Pour ce produit, les États-Unis et l’Europe sont en concurrence directe. En Asie, en premier lieu, et, dans une moindre mesure, en Afrique et au Moyen-Orient ». Par sa côte Pacifique, l’Amérique bénéficie d’une proximité avec l’Asie. À cela s’ajoute un coût de production moyen plus faible qu’en France, à travers les économies d’échelles des grands élevages.

Mais la victoire de ce bras de fer entre les deux grands exportateurs dépend aussi d’autres facteurs. « Le niveau de compétitivité dépend beaucoup du taux de change, dont l’impact peut dépasser celui de la différence de compéttivité structurelle », pointe l’économiste. Les choix politiques en termes d’accords commerciaux et de politiques laitières ne sont pas à minimiser. Les cartes pourraient être rebattues avec la récente élection de Donald Trump. L’Idele tente tout de même une prévision : « L’excédent laitier pourrait augmenter de 30 % en 2025 par rapport à 2015. »

Marylou Bressand
Les États-Unis ont été frappés plus tardivement par la crise que l’UE. Le pays a, dans un premier temps, bénéficié de son marché domestique porteur, qui a permis de tamponner la chute des cours mondiaux. Au plus haut jusqu’à fin 2014, le prix du lait a chuté début 2015, mais la situation des élevages n’est devenue préoccupante que début 2016. © Ch. WATIER
L’ouest en perte de vitesse

L’ouest des États-Unis concentre environ la moitié de la production laitière nationale. La pression foncière a mené au développement du modèle hors sol. Cette région compte les plus grands élevages : plus des trois quarts des vaches sont élevées dans des fermes de plus de 1 000 têtes. Mais les contraintes environnementales croissantes et les déficits en eau récurrents commencent à peser lourdement sur ce modèle.

Quatre années consécutives de sécheresse pour la Californie, une explosion des coûts de l’alimentation du bétail… De quoi faire réfléchir un certain nombre d’éleveurs. Mobiles, ils n’hésiteront pas à déménager dans un État plus prometteur si les conditions de production se dégradent. « La Californie perd son statut d’eldorado laitier des années 1990 et 2000 », détaille Mélanie Richard. Elle ne sera pas le moteur principal de la croissance des années futures ».

Le cœur laitier de la région des Grands Lacs, au nord-est, regagne en dynamisme. Les exploitations bénéficient à la fois d’une autonomie alimentaire et d’une taille assez conséquente pour réaliser des économies d’échelles.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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