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Lait : la collecte dans le creux de la vague

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Océanie, Amérique du Sud, Europe : en 2016, la production a enregistré une baisse forte mais provisoire.

En 2016, la surproduction du premier semestre a laissé place à un recul significatif de la production dans les principaux bassins laitiers excédentaires, États-Unis exceptés. Le décrochage se chiffre à 1,8 million de tonnes de lait au quatrième trimestre, soit 2,5 % de collecte de moins qu’en 2015, selon l’Institut de l’élevage (Idele). En Europe, le reflux s’est accentué jusqu’à la fin de l’année, pour atteindre - 3,5 % au dernier trimestre. Sur l’ensemble de 2016, les volumes devraient être proches de ceux de 2015. En France comme au Royaume-Uni, la production est en chute libre de 7 % (voir l’infographie). Les élevages de l’Hexagone ont d’abord réagi au signal de prix négatif, puis ont subi la mauvaise qualité des fourrages. Et les trésoreries exsangues limitent les achats de complémentaires. Si le plan de réduction de collecte a pu en décider certains, « la plupart auraient tout de même vu leur production diminuer », estime Gérard You, économiste à l’Idele. Néanmoins, le cheptel se maintient juste en dessous de celui du niveau de 2015. Contre toute attente, « le rythme des cessations laitières ne s’est pas particulièrement accéléré en 2016 », constate l’expert.

Évolution hétérogène

En Allemagne, les volumes évoluent de façon hétérogène. À l’Est, ils décrochent davantage, jusqu’à - 7 % en septembre et octobre. La production ralentit aussi au Danemark, en Suède, et en Irlande. Aux Pays-Bas, la collecte s’est finalement stabilisée fin 2016, progressant cependant de 7 % sur l’année. En 2017, la législation environnementale devrait obliger les éleveurs à réduire le cheptel national de quelque 150 000 têtes, préfigurant un probable recul de collecte. Ailleurs en Europe, la reprise de production devrait être dynamisée en 2017 par le redressement du prix du lait. « En France, le rebond n’est pas attendu avant le printemps, car le prix remonte plus lentement », prévoit cependant Gérard You.

En Océanie, la collecte est également en net retrait. Cumulé à la crise de surproduction européenne, le printemps austral très humide fait figure de double peine. Ainsi, en Nouvelle-Zélande, la collecte a décroché de 5 % au dernier trimestre, malgré la remontée du prix à 337 €/1000 l en octobre. Il repasse ainsi devant le prix moyen du lait payé aux éleveurs européens.

L’Amérique du Sud souffre des mêmes symptômes : climat très humide et effondrement des prix. En octobre, la production chutait de 7 % en Uruguay et de 12 % en Argentine (lire aussi page 20). « La production ne devrait se rétablir que très progressivement jusqu’à mi-2017 », prévoit l’Idele.

Marylou Bressand
Le prix du lait de base devrait se situer autour de 320 €/ 1 000 l en France en début d’année. Il était à 293 € l’année dernière à la même époque. © C. FAIMALI / GFA
Les États-Unis naviguent à contre-courant

Parmi les grands exportateurs, seuls les États-Unis ont connu une croissance soutenue des volumes. A l’automne, ces derniers sont supérieurs de 2,4 % à ceux de 2015. Cette dynamique s’explique davantage par l’amélioration des rendements laitiers que par l’augmentation du cheptel. Selon le département de l’Agriculture américain, la hausse de collecte devrait se poursuivre en 2017. Elle est estimée à 1,7 % par rapport à 2016. Après deux années de repli, les volumes augmentent de nouveau en Californie. Mais « c’est de l’autre côté des Rocheuses que la production est prometteuse, avec de récents investissements des transformateurs », rapporte Gérard You. Comme chez les autres grands exportateurs, le prix du lait est reparti à la hausse cet été. Il a fléchi un peu en octobre, mais semble se redresser. La demande intérieure est soutenue et la politique aux frontières favorable à la production nationale. Le pays bénéficie aussi d’une réhabilitation de l’image de la matière grasse laitière, qui soutient le marché.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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