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Lait de chèvreLa collecte française se ressaisit

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Les dernières sécheresses ont fait enfler le coût de production des éleveurs. © J.- M. Nossant

Après un début 2019 difficile, les livraisons de lait de chèvre retrouvent des couleurs. Ce sursaut tardif redonne un peu de souffle aux industriels.

Rattrapage sur le fil. Il aura fallu attendre novembre 2019 pour que la collecte française de lait de chèvre, cumulée depuis janvier retrouve son niveau 2018. La production 2019 surpasse finalement de 1,3 % celle de l’année précédente, révèle l’enquête laitière FranceAgriMer. Le rebond de la collecte, initié en août (voir l’infographie), « s’explique d’abord par l’augmentation du cheptel national de 2 % sur un an », avance l’Institut de l’élevage (Idele). Après une année 2018 capricieuse sur le plan climatique, « cette tendance peut aussi être mise en regard avec une récolte fourragère de début de printemps de meilleure qualité », poursuit l’Idele.

Certaines disparités régionales viennent compléter ce constat. Entre janvier et novembre 2019, les bassins Centre-Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine et Provence-Alpes-Côte d’Azur affichent encore un recul de leur production de 1 à 3 % sur un an. Ce repli se monte à presque 30 % en Corse. La fin d’année marque néanmoins un regain de vitalité sur la quasi-totalité du territoire.

Reconstruction des stocks

La tendance globale est donc à la hausse mais « les transformateurs ont dû puiser dans leurs stocks de produits de report caprins » pour compenser « la baisse des disponibilités laitières » sur le premier semestre et « l’effondrement simultané des importations », souligne l’Institut. Par rapport à 2018, les importations étaient, en effet, en repli de 20 à 55 % en volume entre janvier et septembre 2019, et ce malgré une demande domestique toujours aussi dynamique. En octobre, les stocks sont tombés à 4 800 t, soit 35 % en deçà des niveaux 2018 (voir l’infographie). Cet écart se montait à 50 % en juin. Si le regain de productivité français aide à remonter la pente, la reprise européenne a elle aussi son importance. « La part de lait importé transformée dans les laiteries françaises est de l’ordre de 20 %, voire plus certaines années », expose Benoît Baron, de l’Idele. L’Espagne, premier fournisseur externe en lait de chèvre pour la France, a également renoué avec la croissance, malgré une collecte cumulée encore inférieure de 2,6 % fin octobre 2019.

Le marché hexagonal se rééquilibre, toutefois, sur l’ensemble de 2019, les fabrications de fromages de chèvre ont chuté de 2 % ( par rapport à 2018 sur onze mois) après plusieurs années de croissance ininterrompue. « Le fromage français a prioritairement été commercialisé sur le marché intérieur au détriment des exportations », atteste le panel IRI-Cniel. Les volumes de lait de chèvre conditionné sont également à la baisse (- 5 %/2018). De son côté, la production de yaourt et lait fermenté ne connaît pas la crise (+ 4 %/2018).

Alexandra Courty

Un prix du lait qui déçoit

Pour la Fédération nationale des éleveurs de chèvres (Fnec), l’absence de revalorisation suffisante du prix du lait de chèvre lors des négociations commerciales de 2019 a également entravé la dynamique de la collecte sur le premier semestre. En moyenne, de janvier à novembre, FranceAgriMer estime la hausse du prix du lait à teneurs réelles à 2 % sur un an. Il s’élevait à 870 €/1 000 litres en novembre.

En parallèle, et en lien avec les récentes sécheresses, l’indice des prix d’achat des moyens de production agricole (IPAMPA lait de chèvre), édité par l’Idele, affiche une hausse de 2,7 % sur douze mois glissants. « Ceci diminue la marge nette des exploitations caprines », note le syndicat.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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