Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

L’Espagne en difficulté

réservé aux abonnés

 - -->

La renationalisation de l’approvisionnement français

«Entre 2017 et 2019, le prix du lait de chèvre espagnol a progressé sensiblement, au point de se rapprocher du cours français », explique Maria Campos Herrada, de l’Institut de l’élevage (Idele). Malgré cela, la collecte du pays s’est repliée de 1,3 % entre 2018 et 2019. « La récente hausse des prix ne suffit pas à sauver certaines exploitations du dépôt de bilan, après des années de récession », note la spécialiste. La dureté des conditions météorologiques et le fléau de la tuberculose en Andalousie n’ont rien arrangé.

Cette baisse des disponibilités a favorisé et amplifié la hausse du cours du lait. En juillet 2019, le prix payé aux producteurs espagnols était supérieur de 26 % au niveau enregistré en 2018. Combinée au dynamisme de la demande des industriels français début 2020, cette revalorisation a donné un second souffle à la collecte espagnole. Elle affichait d’importants taux de progression en janvier (+ 2,6 % par rapport à 2019) et en février (+ 5 %). Mais la crise sanitaire et le confinement ont stoppé net cette tendance. La croissance annuelle de la collecte espagnole s’est tassée à seulement 1 % en mars. Elle est en repli de 4 % en avril, de 6 % en mai et de 3 % en juin. Le prix du lait suit la même évolution. En juin, le prix moyen du lait standard à 75 g/l de MSU s’établit à 579 €/1 000 litres (- 8,4 % par rapport à 2019). Cette tendance baissière devrait se poursuivre dans les mois à venir compte tenu de l’imprévisibilité de la consommation.

Explorer
le marché chinois

En parallèle, la France, principal débouché du lait de chèvre espagnol, réduit progressivement sa dépendance aux importations. En 2017, la production espagnole pesait pour 22 % de l’appro­visionnement des industriels français. Cette part n’est plus que de 10 % en juin 2020. « L’Espagne va devoir trouver de nouveaux clients­ à l’export, explique Maria Campos Herrada. L’envoi de poudre de lait infantile vers la Chine est une piste explorée par la filière. »

A. Courty

Une filière réactive mais peu organisée

Le fléchissement de la collecte dès les premières mesures de confinement illustre la forte réactivité des éleveurs espagnols aux signaux du marché. Mais le manque d’organisation de la filière pénalise sa pérennité et trouble la vision à long terme des élevages. « Il n’y a pas d’équivalent à la loi Alimentation en Espagne, relève Maria Campos Herrada, de l’Idele. Il n’y a pas non plus de plan de filière national. Certains organismes cherchent à combler ce vide institutionnel. »

Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !