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La taxe russe soutient les prix du blé

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Les mesures russes visant
à limiter les prix sur le marché intérieur poussent vers le haut
les prix des blés de ce pays et
des autres origines
sur la scène internationale.

Les prix mondiaux du blé ont-ils atteint leur sommet de la campagne ? Il était possible de le penser début décembre, quand l’office australien Abares a annoncé une récolte australienne à 31 Mt (le double de la récolte catastrophique de 2019). La performance finale a dépassé les pronostics, déjà attendus très élevés depuis plusieurs mois. Avec deux ou trois millions de tonnes australiennes supplémentaires, la situation mondiale a semblé alors se détendre.

La demande ne faiblit pourtant pas : elle reste très soutenue de la part de l’Afrique du Nord, du Proche-Orient et de l’Asie du Sud-Est. Pour y répondre, il était prévu que la plupart des grands pays exportateurs épuisent leurs disponibilités et terminent la campagne avec des stocks bas, particulièrement dans l’Union européenne, où la récolte a été très faible cette année. C’est cette situation qui avait conduit à la hausse des prix mondiaux, et français notamment, depuis le mois de juillet. Et l’offre australienne est venue donner un coût d’arrêt à la progression des prix.

Cartes rebattues

Mais depuis la mi-décembre, les cartes sont à nouveau rebattues : pour limiter la montée des prix intérieurs, la Russie a décidé d’imposer une taxe de 25 €/t sur ses exportations de blé à partir du 15 février et un quota de 17,5 millions de tonnes pour ses ventes de blé, d’orge, de maïs et de seigle à partir de cette date et jusqu’à la fin juin. Cela a deux conséquences : les exportateurs essaient actuellement de maximiser (avant le 15 février) les ventes de blé déjà acheté aux producteurs, ce qui soutient les prix russes à l’exportation. Elle pousse aussi les exportateurs à reporter une partie de la taxe à venir sur les producteurs, en diminuant le prix d’achat proposé à ces derniers pour les échéances un peu plus lointaines. Or, les agriculteurs refusent de supporter, à eux seuls, le poids de la taxe. Ils ralentissent une nouvelle fois les ventes, refroidis par l’ensemble des mesures mises en place par leur gouvernement, qui a aussi taxé les exportations de tournesol, gelé les prix intérieurs du sucre et du tournesol et, depuis peu, décidé de taxer à 30 % les exportations de soja. Avec les incertitudes dues à la sécheresse automnale pour la récolte de blé 2021, il n’en fallait pas plus pour que les prix du blé russe remontent en flèche (+10 $/t en une semaine à près de 270 $/t Fob Novorossiysk pour le blé à 12,5 % de pro­téine), entraînant de nouveau les autres origines mondiales dans leur sillage.

Andrée Defois - Tallage/Stratégie Grains

La Russie a décidé d’imposer une taxe de 25 €/t sur ses exportations de blé  © Claudius Thiriet
Course-poursuite entre

Les blés français ont débuté la campagne autour de 220 $/t Fob (189 €/t rendu Rouen), plus chers que les blés russes et peu compétitifs jusqu’à fin août. Ensuite, les prix russes ont grimpé en flèche de septembre à octobre et les blés européens, français entre autres, ont alors gagné en compétitivité. L’ascension des blés russes a découlé d’une demande mondiale dynamique, de la faiblesse de l’offre dans l’UE et dans le sud de la Russie, et des inquiétudes liées au temps trop sec pour la mise en place des cultures d’hiver dans ce grand pays. Puis les blés russes se sont stabilisés en novembre avec l’arrivée de la récolte australienne, au point de redevenir nettement moins chers début décembre que les blés français. Aujourd’hui, l’écart se rétrécit de nouveau à la suite des taxes russes.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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