« La stratégie à l’export est une aventure collective qui doit répondre à un objectif commun : le retour de la valeur à la filière française. Victime de l’épizootie de peste porcine africaine, la Chine recense un déficit en protéines animales de trois millions de tonnes par rapport à 2019. La France, quatrième pays européen à bénéficier d’une ouverture vers le pays en viande bovine, doit saisir cette opportunité. Les consommateurs chinois se tournent davantage vers des produits importés. La hausse des prix dans l’empire du Milieu rend la viande française plus attractive. La filière a une carte à jouer sur ce marché, si elle fait valoir le modèle d’élevage qu’elle défend. Vendre la valeur de notre métier d’éleveur est la clé pour se distinguer. Le système de traçabilité personnalisé que nous proposons est également un argument de taille. Par exemple, la Chine recense le double de fournisseurs australiens de viande bovine que de licences d’exportation, mettant en lumière une véritable fraude généralisée. Garantir une chaîne maîtrisée de bout en bout permet donc de renforcer notre notoriété. Enfin, la viande bovine reste encore peu consommée hors des grandes villes. À nous de toucher d’autres marchés et, pourquoi pas, de travailler sur la valorisation d’autres morceaux comme les abats. »