Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

La consommation d’œufs revient à la normale

réservé aux abonnés

 - -->

L’an passé, les achats des ménages ont retrouvé leur niveau d’avant Covid. Mais la filière subit en parallèle de fortes turbulences sanitaires et économiques.

«En 2021, la croissance de la consommation d’œufs par les ménages s’est établie à 1,8 % par rapport à 2020. Elle retrouve ainsi sa dynamique d’avant Covid, qui s’établissait aux alentours de 2 % par an », rapporte Maxime Chaumet, secrétaire général du Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO), lors d’un point presse le 12 mai à Paris.

Pour la filière française, les achats en magasin continuent d’être prépondérants. Ils représentaient 44 % des débouchés l’an passé, devant les ovoproduits destinés à la restauration hors domicile (RHD) et à l’industrie agroalimentaire (36 %) et les œufs coquille en RHD (20 %).

L’année dernière, 29 % des œufs achetés par les ménages étaient issus de systèmes d’élevage en plein air, contre 28 % en cages aménagées, 22 % en bio, 14 % au sol et 7 % en label rouge. « La consommation d’œufs issus d’élevages au sol a progressé de 102,3 % par rapport à 2019, dernière année « normale » avant la crise sanitaire. Mais nous partions aussi d’un niveau faible », reconnaît Maxime Chaumet. En revanche, les systèmes en cages aménagées et en label rouge subissent des revers respectifs de 25,7 % et 7,3 % en deux ans. « Les œufs label rouge se situent dans un segment intermédiaire entre le plein air et le bio, et peinent à trouver leur public, analyse le secrétaire général du CNPO. Le développement de cette offre tend aujourd’hui à se limiter. »

Balance commerciale positive

Pour les ovoproduits, les œufs issus de systèmes en cages aménagées continuent de se tailler la part du lion. Pour le marché de la RHD, ils représentaient 80,3 % des volumes en 2021. Quant à l’industrie agroalimentaire, leur part s’élève à 45,3 %, devant le sol (26,3 %), le plein air (25,9 %) et le bio (2,5 %).

En dehors du marché français, la situation est au beau fixe. « Alors que la balance commerciale des œufs français était négative depuis plusieurs années, elle est excédentaire de 10 000 tonnes en volume et de 17 millions d’euros en valeur, en 2021, expose Maxime Chaumet, secrétaire général du CNPO. Cela s’explique par une progression en volume et en valeur des exportations, et à l’inverse par un recul des importations. »

Prix de l’aliment au plus haut

Malgré ces éléments encourageants, la filière est désormais confrontée à une flambée des coûts de production, exacerbée par la guerre en Ukraine. L’an passé, l’indice de prix de l’aliment des poules pondeuses calculé par l’Institut technique de l’aviculture (Itavi) a bondi de 25 % sur un an. De février à mars 2022, il a encore progressé de 10,9 %. « Après une période de forte volatilité, on observe désormais une stabilisation des cours des matières premières à de très hauts niveaux, indique Mathilde Le Boulch, ingénieure d’études économiques à l’Itavi. Cela devrait durer, et le prix de l’aliment s’alignera sur cette tendance. »

Vincent Guyot

Les ventes d’œufs issus de systèmes d’élevage au sol ont fortement progressé en 2021. © PHILIPPE MONTIGNY/FILIMAGES
Vers un recul de 9 % de la production en 2022

En février dernier, le second pic de l’épizootie d’influenza aviaire hautement pathogène dans les Pays de la Loire a sérieusement impacté la filière française des œufs. « La région recense 18,6 % des poules pondeuses en France et près de 40 % des poussins qui donneront les futures pondeuses », précise Philippe Juvien, président du CNPO. Sur le cheptel français de 48 millions de poules, près de 3 millions ont été abattues en raison de l’influenza aviaire, ainsi que 800 000 poulettes. « C’est la pire épizootie de l’histoire », appuie le président du CNPO.

En conséquence, l’interprofession table sur un recul de 8 à 9 % de la production nationale d’œufs en 2022.

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !