Martial Tardivon chef des ventes au marché de Moulins-Engilbert (Nièvre)

Les frontières turques sont closes, celles de l’Allemagne aussi. La filière a pourtant mis du temps à construire des débouchés diversifiés, assurant ainsi un minimum de concurrence pour maintenir les tarifs. Tout disparaît d’un revers de manche à cause de la fièvre catarrhale ovine, une maladie dont le degré de gravité est discutable. C’est d’autant plus rageant qu’en septembre nous nous attendions à une campagne satisfaisante. D’ailleurs, maintenant que beaucoup d’animaux ont rejoint les ateliers d’engraissement, je m’interroge sur les disponibilités réelles pour alimenter nos clients étrangers dans les prochains mois. L’étude de l’Organisation mondiale de la santé plombe les échanges avec l’Italie. Elle est tombée le jeudi avant la réouverture de ce marché à nos broutards vaccinés, et aurait eu nettement plus d’impact sur la consommation que chez nous. Les cours en ont pâti. Ils sont équivalents à ceux de l’an dernier à la même période, ce qui ne suffit pas au regard des efforts demandés aux éleveurs pour maintenir les broutards chez eux le temps des tractations sanitaires, et de les faire vacciner. Leurs charges de structures sont aussi supérieures à celles de 2014. Les cours ne les couvrent plus.

Votre analyse du marché - Bovins maigres

Commerce plus calme

Cette semaine, l’offre en broutards est un peu plus étoffée. Du côté de la demande, les éleveurs italiens se montrent plus prudents en raison d’un manque de place dans les ateliers d’engraissement. Face à la hausse des coûts de production, de nombreux petits producteurs mettent la clé sous la porte. Seules les grosses structures, souvent soutenues par une filière d’abattage, conservent des flux de rotation réguliers.