Martial Tardivon chef des ventes au marché de Moulins-Engilbert (Nièvre)

Les frontières turques sont closes, celles de l’Allemagne aussi. La filière a pourtant mis du temps à construire des débouchés diversifiés, assurant ainsi un minimum de concurrence pour maintenir les tarifs. Tout disparaît d’un revers de manche à cause de la fièvre catarrhale ovine, une maladie dont le degré de gravité est discutable. C’est d’autant plus rageant qu’en septembre nous nous attendions à une campagne satisfaisante. D’ailleurs, maintenant que beaucoup d’animaux ont rejoint les ateliers d’engraissement, je m’interroge sur les disponibilités réelles pour alimenter nos clients étrangers dans les prochains mois. L’étude de l’Organisation mondiale de la santé plombe les échanges avec l’Italie. Elle est tombée le jeudi avant la réouverture de ce marché à nos broutards vaccinés, et aurait eu nettement plus d’impact sur la consommation que chez nous. Les cours en ont pâti. Ils sont équivalents à ceux de l’an dernier à la même période, ce qui ne suffit pas au regard des efforts demandés aux éleveurs pour maintenir les broutards chez eux le temps des tractations sanitaires, et de les faire vacciner. Leurs charges de structures sont aussi supérieures à celles de 2014. Les cours ne les couvrent plus.

Votre analyse du marché - Bovins maigres

La demande émanant des pays tiers dope le marché du broutard

La réouverture du marché algérien donne un bon tonus au marché du broutard, dans un contexte où les volumes, bien qu’en progression, ne suffisent pas à satisfaire la demande. Les besoins soutenus pour l’Italie entraînent les prix des charolais de plus de 400 kg à la hausse. L’absence de limite de poids jusqu’au 31 de mars 2022 pour l’exportation vers l’Algérie soutient les ventes des animaux de plus de 450 kg. Sur le marché intérieur, après une fin d’année en demi-teinte, des signes de reprise se font sentir, que ce soit pour la repousse ou pour la mise en atelier d’engraissement.