Françoise Dion, vétérinaire conseil chez Races de France

« Nous sommes surveillés de près par l’Europe, qui cherche à savoir si nous gérons correctement cet épisode de fièvre catarrhale ovine (FCO). Elle est prise en sandwich entre les contraintes qui perturbent l’élevage et les pays qui exigent de plus en plus de garanties. Pourquoi ? Nous sommes les seuls à avoir du sérotype 8. C’est d’ailleurs un mystère. Pourquoi ne se trouve-t-il qu’en France ? Pourquoi cette résurgence dans le Massif central ? Pourquoi n’y a-t-il que du sérotype 8 et pas du 1, puisqu’il y avait les deux lors de l’épisode précédent ?

Au 6 juin, 284 élevages de 32 départements étaient touchés. Il reste 15 départements en zone indemne. 95 % des cas sont dépistés sur des bovins. Seuls 13 cas sont des suspicions cliniques, peut-être parce qu’il y a peu de circulation virale.

Qu’en sera-t-il cet automne ? La souche est homologue à celle de l’épisode précédent. Il faut vacciner pour se protéger, et ce avant la circulation du virus, le temps que l’immunité s’installe. La dernière enquête sérologique montre que seuls 20 % des bovins sont protégés. Ce sont les plus âgés, ceux qui ont encore des anticorps de l’épisode précédent. Les jeunes sont naïfs par rapport au virus qui va recirculer. »