Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Jeunes bovins Une Europe à plusieurs vitesses

réservé aux abonnés

 - -->
En France, l’âge à l’abattage des JB s’abaisse, signe d’un allégement du marché. © Gutner archives

Si de moindres disponibilités limitent l’érosion des prix en France et en Italie, les cours sont sous pression dans le reste du continent.

«Grâce à une offre restreinte et au bon maintien des prix en Italie, les cours des jeunes bovins (JB) français ont assez bien résisté à la baisse saisonnière », analyse l’Institut de l’élevage (Idele), dans sa note mensuelle publiée le 18 juin. Au début du mois, les cours des U et R se sont respectivement stabilisés à 3,95 et 3,77 €/kg de carcasse, soit une progression de 2 % sur un an, et de 1 % par rapport à 2017. À 3,28 €/kg, le cours du JB O recule de 1 % sur un an. « Il pâtit sans doute de la lourdeur du marché allemand. »

Le marché français se caractérise par des abattages réduits, dus au net recul des sorties. « Au 1er mai, la Base de données nationale d’identification des bovins (BDNI) enregistrait des baisses prononcées dans tous les effectifs de mâles de 1 à 2 ans, que ce soit en race laitière (- 28 000 têtes ou -10 % sur un an) ou en race allaitante (-41 000 têtes ou - 7 % sur un an) », rapporte l’Idele. En conséquence, les exportations françaises de viande bovine se replient de 2 % sur le premier trimestre par rapport à 2018, également pénalisées par la baisse des achats italiens (-10 % par rapport à 2018) et allemands (-7 %).

Marchés encombrés

En Italie, les cours restent supérieurs aux deux années précédentes. « Il y a très peu de viande polonaise sur ce marché et aussi moins de viande française, explique Caroline Monniot, économiste à l’Idele. Par ailleurs, la consommation domestique est repartie à la hausse. Sur les deux premiers mois de l’année, les achats des ménages de viande bovine ont progressé de 2 % par rapport à 2018, d’après le panel Nielsen. »

À l’inverse, le marché allemand souffre d’une demande au point mort, alors que les abattages restent stables par rapport à 2018. « La baisse saisonnière des cours est particulièrement marquée », note la spécialiste. Si les prix polonais sont également au plus bas (2,88 €/kg de carcasse pour le JB O début juin, soit un recul de 13 % sur un an), la raison est tout autre. « Le pays reste enlisé dans les répercussions du scandale sanitaire de fin janvier. La demande européenne pour la viande polonaise s’est littéralement effondrée. » De février à avril, le recul d’abattages cumulés atteint 29 000 têtes, « alors que la production était attendue en forte hausse. Il y a désormais un énorme retard des sorties, qui fait pression sur les prix polonais. »

En Espagne, les abattages de taurillons et de bovins de 8 à 12 mois ont progressé de 5 % sur le premier trimestre, « en raison d’un arrêt quasi complet des exportations en vif vers la Turquie », souligne Caroline Monniot. La production abattue supplémentaire a été intégralement exportée sous forme de viande réfrigérée ou congelée, « ce qui alourdit encore un peu le marché européen du jeune bovin. »

Vincent Guyot

Le Brexit perturbe le marché irlandais

Alors qu’en Irlande, l’élevage de bœufs est essentiellement destiné au Royaume-Uni, « les producteurs se sont réorientés vers la production de jeunes bovins pour l’Europe du Sud, dans la perspective de la fermeture du marché britannique », observe Caroline Monniot. Sur les vingt-deux premières semaines de l’année, les abattages irlandais de taurillons ont ainsi explosé de 19 % par rapport à 2018. Le Brexit étant initialement programmé pour la fin mars, « les opérateurs ont anticipé les abattages au premier trimestre afin que la viande puisse être exportée vers le Royaume-Uni avant cette date. » Une offre abondante qui a « exercé une forte pression sur le prix des bovins irlandais ».

Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

L’offre limitée favorise les échanges

Cette semaine, les disponibilités ont été très restreintes mais les acheteurs ajustent leur activité en prévision de ventes plus faibles de ce week-end de chassé-croisé au cœur de l’été.
Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !