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Israël développe ses achatsde produits bovins européens

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L’État hébreu importe de plus en plus de viande fraîche etde broutards européens.Mais des menaces pèsent sur ces deux marchés.

L’approvisionnement d’Israël en viande bovine dépend à 80 % de l’importation. De 40 à 50 % de ses achats se font sous forme congelée, libres de droits de douane. Ce marché d’entrée de gamme, capté par les fournisseurs sud-américains, est hors d’atteinte pour les produits français non compétitifs.

Il en va autrement du marché de la viande fraîche, qui s’ouvre progressivement. « L’État israélien cherche à faire baisser les prix en augmentant la concurrence sur ce secteur très tendu », observe l’Institut de l’élevage - Idele (1). Limités à 1 000 tonnes brutes par an jusqu’en 2015, les contingents d’importation à droits nuls atteindront 17 250 t brutes en 2020. Hors quotas, les droits passeront, en 2020, de 12 % et 3,33 €/kg à 12 % uniquement. En 2017, ce marché est dominé à 84 % par les viandes européennes, « qui bénéficient d’avantages logistiques ». La concurrence de la viande fraîche sud-américaine pourrait cependant se développer du fait du passage de la date limite de consommation de quarante-cinq à quatre-vingt-cinq jours, décidé en 2017 par le ministre de la Santé israélien.

Sur les neuf premiers mois de 2018, la France a expédié 3 000 tec vers l’État hébreu. Seuls les avants, certifiés casher par le grand rabbinat d’Israël sont concernés. En effet, « l’extraction du nerf sciatique, indispensable à la cashérisation des arrières, n’est pas pratiquée en France, explique Germain Milet, de l’Idele. Complexe et coûteuse, cette opération peut endommager le globe, historiquement bien valorisé sur le marché hexagonal ». L’état des poumons impactant fortement la valeur des carcasses (+ 30 % pour la catégorie « glatt » ou « poumons lisses »), ce critère entre aussi en considération lors de l’achat en vif.

Broutards légers

Si Israël n’importe pas de bovins finis, 30 % de la viande consommée par ses 8,8 millions d’habitants provient de broutards importés et engraissés sur place. La suppression des droits de douane sur les animaux de plus de 250 kg en 2014 s’est accompagnée d’un fort développement des exportations européennes. Elles sont passées de 52 000 têtes en 2012 à 166 000 en 2017, devançant l’Australie.

« C’est un marché de bovins légers et bon marché, très exigeant sur le plan sanitaire », souligne l’Idele. Les bêtes doivent être vaccinées contre la FCO 4 et 8, indemnes d’IBR et de BVD et, si elles ont plus de douze mois, être testées contre les maladies vénériennes. L’offre européenne est de deux types : des animaux exportés dès 150 kg vif, provenant surtout de Croatie et de Slovaquie, et d’autres de 250-350 kg, expédiés par la Roumanie et le Portugal. Les premiers envois français datent de 2017. En 2018, un seul bateau de 2 400 charolais et croisés viande a quitté le port de Sète en direction de l’État hébreu.

Valérie Scarlakens

(1) Étude de janvier 2019 pour le compte d’Interbev.

La consommation de viande bovine s’établit à 28 kgec/par an/hab (24 kgec en France). © Idele
Un lobbying anti-importation en vif puissant

« Le lobbying anti-importation en vif est très puissant en Israël », constate l’Idele. Une procédure est en cours pour le faire interdire par la Cour suprême pour des raisons de bien-être animal. Un député de la majorité, soutenu par la première dame, a également présenté au Parlement une loi visant à supprimer l’import en vif en trois ans. Selon l’Idele, si le ministère de l’Agriculture israélien s’attache à bloquer la loi, il pourrait être contraint de négocier un plafonnement du nombre de broutards importés.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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