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France : la viande bio a le vent en poupe

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La production de viandes bio a augmenté de 15 % en 2016, tirée par une demande en forte croissance.

En cinq ans, les volumes d’animaux bio (1) abattus ont progressé de presque 50 %, pour atteindre 34 098 tonnes équivalent carcasse en 2016. Toutes les filières animales suivent cette tendance. Avec une croissance de 26 % en 2016, les gros bovins allaitant sont arrivés en tête des abattages (37 %), distançant les porcins (30 %) et les gros bovins laitiers (22,5 %). Ces progressions sont rendues possibles par un accroissement des disponibilités en animaux bio. Au vu des conversions l’an dernier, ces disponibilités devraient s’accentuer. En effet, l’année 2016 a été marquée par l’engagement de plus de 500 élevages de bovins allaitants, soit l’équivalent d’un cheptel de plus de 25 000 vaches. Le cheptel laitier bio a, lui, augmenté d’environ 30 %.

À l’heure actuelle, la part du cheptel bio dans le cheptel total est particulièrement importante pour les ruminants. Ainsi, respectivement 4 et 5,5 % du cheptel allaitant bovin et ovin et 7,9 et 4,2 % du cheptel laitier bovin et ovin sont engagés en bio. En revanche, les porcs bio représentent moins de 1 % du cheptel porcin.

Des défis multiples

Face au dynamisme de la production et de la consommation de viande bio, les défis sont nombreux. En filière bovine, « l’objectif numéro un va être de gérer l’afflux de viandes issues des troupeaux laitiers », constate Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio. Selon l’observatoire des viandes bio 2016, publié par Interbev, la gestion des flux a été particulièrement bonne l’an passé, permettant au cours des bovins bio de limiter leur recul (-3 % contre -6 % en conventionnel), et de s’afficher 19 % au-dessus du conventionnel. À l’inverse, la filière porcine rencontre des difficultés pour satisfaire la demande. « Les professionnels ont dû gérer des ruptures de produits en attendant les arrivages des nouvelles conversions et installations, qui ne commenceront à produire significativement qu’à partir du second trimestre 2017 », détaille Interbev.

Les deux filières partagent la problématique de la valorisation en bio des carcasses entières. Les volumes de steaks hachés frais de bœuf bio ont progressé de 17,7 % en 2016. La tendance se poursuit en 2017, avec une augmentation de 17 % des volumes sur le premier trimestre, par rapport à la même période en 2016. Enfin, un défi d’un autre ordre attend la filière bovine : la valorisation de la voie mâle, le marché des broutards bio étant quasi inexistant.

Valérie Scarlakens

(1) Dans notre article, il n’est question que des animaux de boucherie, ce qui exclut les volailles et lapins.

Les surfaces fourragères converties ou en cours de conversion bio ont augmenté de 18 % en 2016. Elles pèsent aujourd’hui 8 % des surfaces fourragères françaises. © UNEBIO
Un marché très français

98 % des viandes fraîches et transformées consommées en France sont d’origine française. Les 2 % restants sont d’origine européenne et concernent surtout des jambons frais et de la charcuterie. À titre de comparaison, 71 % de la totalité des produits alimentaires bio achetés par nos concitoyens sont made in France. Les exportations de viandes bio ne sont pas développées, « mais une demande asiatique va certainement émerger », prévoit Florent Guhl. L’exportation de broutards bio est aussi à l’étude.

51 % de la viande bio est distribuée en grandes et moyennes surfaces. Les magasins spécialisés bio représentent le deuxième débouché, avec 16 % des volumes. L’ouverture de plus en plus fréquente de rayons traditionnels de découpe dans ces deux types de circuits témoigne du dynamisme du marché. Les boucheries artisanales et la vente directe arrivent en troisième et quatrième positions.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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