Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

États-Unis : la production bovine mise à rude épreuve

réservé aux abonnés

 - -->

Début 2020, la filière américaine de viande bovine a été durement touchée par le Covid-19. Les prévisions de production et d’exportations sont revues à la baisse.

Alors que tous les indicateurs de marché étaient au vert aux États-Unis, la crise sanitaire a brusquement déstabilisé la filière bovine. Les capacités d’abattage ont été particulièrement affectées, au point qu’« un impact durable est à prévoir jusqu’à la fin de l’année 2020, voire au début de 2021 », estime Sylvain Maestracci, conseiller pour les affaires agricoles à l’ambassade de France aux États-Unis, lors d’une conférence en ligne le 24 juin 2020.

Abattages en chute libre

« Au plus fort de la crise [NDLR : à la fin du mois d’avril 2020], les abattages de bovins ont été réduits de 38 % par rapport à 2019, après la déclaration de cas de coronavirus et la fermeture partielle ou totale d’une vingtaine de sites », souligne Sylvain Maestracci. En l’espace de quinze jours, la résilience de la chaîne agroalimentaire a été remise en jeu. Alors que Donald Trump enjoignait les abattoirs et usines de transformation de rester ouverts, c’est la demande intérieure qui s’est retrouvée impactée par la crise économique. « Dès le mois de mai, le taux de chômage a explosé, passant de 4 à 14,7 % », appuie l’expert.

La dynamique de consommation coupée dans son élan

« Du 30 avril au 31 mai 2020, les abattages de gros bovins ont chuté de 20 % tandis que les poids à l’abattage des bœufs ont bondi de 4 % par rapport à 2019, à la suite des retards de sortie », rapporte Lina-May Ramony, de l’Institut de l’élevage (Idele). Avec le recul des abattages, le prix du maigre a également subi un revers (voir l’infographie). Parallèlement, d’importants stocks de viande bovine congelée ont été constitués, en hausse de 14 % sur un an en avril 2020. En conséquence de cette crise, le Département de l’Agriculture des États-Unis prévoit une production et des exportations en baisse cette année.

La pandémie du coronavirus est survenue alors que le secteur américain de la viande bovine se portait bien. « En 2019, la consommation par bilan, établie à 12,4 millions de tonnes équivalent carcasse, était en croissance de 2 % par rapport à 2018. Avec l’accroissement démographique, la consommation par habitant affichait également une hausse de 1 % sur la même période », indique Lina-May Ramony. Les prix de la viande étaient, quant à eux, stables.

S’agissant de la production abattue, elle avait progressé de 2 % par rapport à 2018, poussée par les abattages de femelles (voir l’infographie). Côté export, le commerce en vif depuis les États-Unis s’était intensifié pour la troisième année consécutive (+ 25 %/ 2018). « En 2019, 89 % des bovins ont été expédiés vers le Canada, principalement des broutards », précise l’Idele.

Lucie Pouchard

Au 1 © Claudius Thiriet
Le géant américain en quête de nouveaux marchés

« Un sous-secrétaire a été nommé au Département de l’Agriculture pour se consacrer pleinement aux questions commerciales et ouvrir de nouveaux marchés au premier producteur mondial de viande bovine », fait savoir Sylvain Maestracci. Si les États-Unis concentrent leur attention sur la Chine pour les exportations de viande bovine, ils cherchent néanmoins à gagner du terrain sur le marché européen. « Le pays a obtenu que lui soient réservées 35 000 tonnes (78 %) du contingent issu du panel hormone sur sept ans, note l’Idele. Les États-Unis viseraient notamment un assouplissement des restrictions européennes sur le bœuf hormone. »

Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !