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États-Unis facteurs de volatilité en maïs

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En attente du rapport sur les surfaces de l’USDA, les opérateurs sont tournés vers les semis de maïs et la météo en Amérique du Nord.

En avril-mai, les perspectives de récolte brésiliennes, largement revues à la baisse en raison de la sécheresse qui frappe le pays (de 110 Mt attendues en début de campagne, les analystes tablent désormais sur une récolte autour de 90 Mt), avaient entraîné une hausse des cours. « La situation aux États-Unis a ensuite pris le relais, explique Arthur Boy, chargé de mission économie à l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM). Les semis se sont bien déroulés. Fin mai, un déficit hydrique a néanmoins touché le nord-ouest de la Corn Belt (notamment Dakota du Nord, Dakota du Sud, Iowa) et inquiété les opérateurs. » Le retour de pluies éparses ces dernières semaines a rassuré le marché.

Outre la météo, le rapport sur les surfaces de l’USDA, le ministère américain de l’Agriculture, attendu le 30 juin (pas encore sorti à l’heure où nous bouclons), devrait aussi constituer un facteur de volatilité dans les semaines à venir. « Compte tenu du rythme rapide des semis, et du contexte de prix favorable, les analystes privés s’attendent à des surfaces de maïs en nette hausse, jusqu’à 1 Mha supérieures aux projections actuelles de l’USDA, détaille Arthur Boy. Si ces estimations se confirment, cela risque de provoquer une baisse des cours, au moins temporairement. »

La politique de Joe Biden sur les biocarburants a également fait réagir le marché : 40 % de la production américaine de maïs, soit près de 60 Mt en moyenne par campagne, sont destinés à la production d’éthanol. « Lors de sa campagne, Joe Biden avait promis de revenir sur les multiples exemptions d’incorporations accordées par l’adminis­tration Trump. Les pétroliers et raffineurs américains sont montés au créneau et ont fait pression, estimant que le coût financier de leur suppression serait trop important pour le secteur. Le Président a laissé entendre que cette promesse ne serait finalement pas tenue », détaille Arthur Boy.

Fin de campagne tendue

Hausse d’utilisation de maïs pour la fabrication d’éthanol et pour l’alimentation animale, appétit chinois, moindres exportations brésiliennes cet été… « Les stocks américains de maïs pour cette fin de campagne 2020-2021 sont prévus au plus bas depuis une dizaine d’années, à 28 Mt, informe le spécialiste. Ces stocks devraient remonter lors de la prochaine campagne, sans être entièrement reconstitués, à 34 Mt. Le ratio stocks/utilisations serait le plus faible depuis vingt-cinq ans. » La Chine resterait premier importateur de maïs lors de la prochaine cam­pagne. « L’USDA prévoit que les Chinois achèteront 26 Mt de maïs. Ils ont déjà contractualisé une partie de leurs besoins », indique Arthur Boy.

Justine Papin

Les stocks faibles de maïs français font pression sur le marché. © Sébastien Champion
Des stocks au plus bas

« Au 1er mai, FranceAgriMer estimait le stock de maïs chez les collecteurs à 2,77 Mt, un plus bas depuis la campagne 2016-2017, et les stocks en dépôt à 573 000 t, plus bas historique depuis 2003-2004, indique Lucile Talleu, responsable qualités et filières à la Coopération agricole.

Il y a eu une forte utilisation par les fabricants d’aliments pour bétail (FAB), et une bonne dynamique d’exportation, notamment vers le nord de l’Europe. » Les stocks français sont faibles, alors qu’arrive la « période de soudure » entre deux campagnes de maïs. « Même si les FAB peuvent se tourner vers du blé ou de l’orge, il y aura toujours besoin de maïs, ce qui contribue à tendre le marché », complète-elle.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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