« Sur notre marché, les intégrateurs appliquent des quotas aux fournisseurs. Depuis quelques semaines, les négociants en bestiaux ne cessent de retarder les sorties des veaux de moindre conformation, faute de débouchés. Alors que l’offre croît en cette période de pic de vêlage automnal, la demande ne cesse de baisser. Les intégrateurs se montrent très prudents à la mise en place en ateliers d’engraissement pour les prochaines sorties de printemps. Ils évitent tout surchargement pour maintenir les cours. L’année 2019 est encore pire que les précédentes. Habituellement, les cours progressent à la période printanière sur trois mois environ. Cette année, cette hausse n’a duré que trois semaines à un mois, avant de plonger à la rentrée. Les perspectives des semaines à venir empirent. Déjà 20 % des petits veaux n’ont pas de destinations d’avenir. Nous devrions atteindre une proportion de 30 % d‘animaux non valorisés, malgré le fait qu’ils répondent aux standards de conformation pour la plupart. Les veaux croisés, vendus au même prix que les holsteins, encombrent le marché. Nous nous préparons à subir une fin d’année critique en veau nourrisson. Nous sommes face à une aberration. Le marché était un lieu où tout se vendait auparavant. Aujourd’hui, les acheteurs français et étrangers ne ciblent que la meilleure marchandise. L’Espagne, qui récupérait les veaux de moins de 40 kg, ne peut plus les absorber. Seuls les veaux lourds de 45 à 50 kg sont valorisés, et le coût des PCR reste impactant sur le prix. »

Votre analyse du marché - Veaux

Les prix restent sous contrôle

Face à la hausse de leurs coûts de production, les intégrateurs cherchent à garder la main sur le prix des veaux laitiers. Sans réelle concurrence émanant du marché espagnol, également contraint par la hausse des aliments, les cours ne bougent pas malgré le recul de l’offre.