« Au mois de juin, le prix de base du lait de vache conventionnel s’élève à 322 €/1 000 litres, soit 10 € de moins sur un an. Cette situation est décevante au regard des prévisions que l’on pouvait faire en début d’année, lorsque tous les signaux étaient au vert. Mais il y a eu la crise sanitaire du Covid-19 entre-temps, et le pire a été évité.

En mars, la désorganisation des marchés était telle qu’on craignait une réédition de la crise de 2015-2016, avec une réouverture de l’intervention sur la poudre maigre. Finalement, le prix du lait français a mieux tenu qu’en Allemagne ou aux États-Unis. La loi Egalim y a certainement contribué, tout comme le dispositif de limitation de l’offre en avril. La valorisation beurre poudre remonte légèrement. Elle était de 280 €/1 000 litres en juillet, contre 250 € en avril. Le cours européen de la poudre maigre se stabilise autour de 2 100 €/tonne, soit 400 € au-dessus du seuil d’intervention.

Il est difficile de faire des prévisions sur le second semestre. Avec la récession économique mondiale, l’évolution de l’offre inquiète moins que le devenir de la demande. Si certains consommateurs ont réaffirmé leur intérêt pour des produits locaux et durables pendant le confinement, il n’est pas certain que les ventes de ces produits à plus forte valeur ajoutée se maintiennent. À l’international, c’est également le pouvoir d’achat des consommateurs qui conditionnera le dynamisme des échanges. Tout le monde reste dans l’expectative et attend les prochaines annonces sur le plan de relance. »