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Des cotations historiques pour l’agneau

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Les cours des agneaux se sont envolés cet automne, mais la situation de la filière reste fragile car très dépendante des importations, notamment en provenance du Royaume-Uni.

Jamais les cours de l’agneau n’avaient atteint un niveau aussi élevé en octobre. « En semaine 41 (du 5 au 11 octobre), ils s’affichent à 7,02 €/kg de carcasse », observe Cassandre Matras, économiste à l’Institut de l’élevage (Idele), qui intervenait en visioconférence lors des Journées techniques ovines des 14 et 15 octobre dernier. Ces prix sont en hausse de 14 % par rapport à l’année dernière (+ 87 centimes/kg de carcasse). « En général, la cotation de l’agneau est très saisonnalisée, ajoute Cassandre Matras. Le prix connaît un pic à Pâques et à Noël. »

Sauf qu’en 2020, la pandémie de la Covid-19 a rebattu les cartes. « Nous avons enregistré un creux à Pâques à cause des difficultés qu’ont eu les différents maillons de la filière (producteurs, abatteurs…) à percevoir ce qui se passait au début du confinement », explique-t-elle. Cela a conduit à une forte baisse dans un premier temps, mais depuis la cotation s’est redressée.

Autonomie de seulement 45 %

La France reste très dépendante des importations. « Nous ne produisons que 45 % de la viande que nous consommons », souligne Cassandre Matras. Les accords commerciaux qui seront signés d’ici la fin de l’année seront primordiaux (lire l'encadré). Le challenge pour la filière consistera aussi à trouver la relève pour parvenir au moins à maintenir son niveau de production au cours des prochaines années. « 64 % des éleveurs de brebis allaitantes avaient plus de 50 ans en 2016 », note l’experte. Cela ne sera donc pas facile, même si au cours des dix dernières années, la France est parvenue à maintenir sa production un peu au-dessus de 80 000 tonnes équivalent carcasse (téc) par an. Et ce, malgré un recul du cheptel reproducteur.

« Parmi les critères qui ont joué un rôle positif figure la productivité numérique, explique Cassandre Matras. Elle a augmenté de 0,02 agneau produit/brebis/an entre 2009 et 2019, pour s’établir à 0,73 agneau produit/brebis/an en 2019. Le poids de carcasse des agneaux a également progressé de 3 %, passant de 17,7 à 18,3 kg/tête entre 2009 et 2019. En ovins adultes, la hausse atteint 4 % (de 25,3 à 26,3 kg). » Si des progrès sont possibles, ils seront lents à se mettre en place. Une hausse des installations pourrait aussi profiter à la filière sur le plus long terme.

M.-F. M.

L’amélioration des résultats techniques a favorisé le maintien de la production au cours © M.-F. Malterre
En attente des accords commerciaux

La filière ovine reste dans l’attente d’un compromis entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. Ce dernier est le principal fournisseur de la France. « Nous avons besoin de leur marchandise pour approvisionner les rayons français. Si l’écart entre l’offre et la demande française en viande ovine se creuse à long terme, le consommateur pourrait se détourner de cette viande, indique Cassandre Matras. En cas de “No Deal”, les droits de douane seraient augmentés et les flux ralentis entre nos pays. »

Les marges de manœuvre avec les autres pays ne sont pas si importantes. L’Espagne, par exemple, a beaucoup souffert de la pandémie. « Quant à la Nouvelle-Zélande, la Commission européenne est toujours en train de négocier pour déterminer le volume du contingent annuel à droits de douane nuls, explique l’économiste. Dépendre de ce pays reste dangereux car la marchandise est “prête à être vendue” (gigot, carrés, côtes). La transformation n’est pas nécessaire en France, toute la valeur va ainsi à la Nouvelle-Zélande. De plus, il s’agirait de baser une grande partie de nos achats sur un produit situé à l’autre bout du monde, mettant six semaines à arriver par fret maritime. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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