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Colza Les prix boostés par la tension mondiale

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La faible production dans l’Union européenne et en mer Noire ainsi que la remontée des besoins chinois sont de bon augure pour les prix.

Avec une récolte européenne au plus bas depuis 2006, les prix du colza peuvent-ils grimper en 2020-2021 et retrouver au moins les niveaux du début 2020 ? Plusieurs indicateurs permettent de le penser. La récolte de colza s’affaisse encore cette année dans l’UE, passant sous les 17 millions de tonnes, en retrait pour la troisième année consécutive. Les bons rendements polonais et baltes ne sont pas suffisants pour compenser la faiblesse des surfaces françaises et l’effondrement de la sole anglaise.

Face à cette faible production, cumulée à des stocks étriqués en début de campagne, s’annonce une demande soutenue alors que les importations ne pourront combler tous les manques. Les marges des triturateurs sont très bonnes actuellement, tirées par la reprise de la production de biodiesel. Le prix du pétrole et la demande en carburants ont, en effet, retrouvé des couleurs après le déconfinement et les stocks de FAME-10 (biodiesel produit à base d’huile de colza, compatible avec les températures fraîches de l’automne et de l’hiver) sont bas. Sans forte restriction de circulation – dans l’hypothèse qu’il n’y aura pas de nouvelle phase de confinement généralisé , les utilisations, et donc la production de biodiesel, vont augmenter dans l’UE en 2020-2021, réclamant plus de graines.

Des importations records mais limitées

L’UE devra donc importer massivement, mais il n’apparaît pas possible aujourd’hui qu’elle achète beaucoup plus que le record des 6 millions de tonnes déjà contractées en 2019-2020. Elle devrait pouvoir compter sur le Canada, et surtout sur l’Australie qui sort enfin de deux années de terrible­ sécheresse. Toutefois, les besoins croissants de la Chine empêcheront l’UE de profiter pleinement des disponibilités retrouvées chez ces deux exportateurs. Et la mer Noire, le premier fournisseur de l’UE, ne sera pas capable de vendre autant que l’an passé au marché commun car les récoltes chutent cette année en Ukraine, Serbie, Moldavie et Russie. La trituration restera donc limitée par le manque de disponibilités, dans l’UE et dans le monde, et les stocks mondiaux de colza vont se rétrécir sérieusement en 2020-2021. Les prix sont déjà repartis à la hausse et la tension mondiale en vue pourrait bien les pousser plus loin encore.

Andrée Defois, Tallage/Stratégie grains

Des aléas à suivre

L’huile de palme, dopée actuellement par les faibles productions en Malaisie et en Indonésie (inondations), constitue un facteur de soutien additionnel pour les prix du colza. Il en est de même pour le soja, tiré vers le haut par le rebondissement marqué des importations chinoises : ces dernières découlent de la lente mais sûre reprise du secteur porcin après la peste africaine, de la volonté aussi de couvrir des besoins dans le contexte très incertain de la pandémie et de tension diplomatique avec les États-Unis. Les achats chinois vont contribuer à l’assainissement du bilan mondial de soja et cela est aussi un facteur de soutien pour le colza. En revanche, une baisse brutale de consommation en Inde, UE ou Chine, en cas de nouvelle dégradation de la situation sanitaire, reste à surveiller de près : ce serait alors un gros facteur baissier.

La récolte européenne © Claudius Thiriet
Votre analyse quotidienne du marché - Oléagineux

Forte hausse du colza sur Euronext

Les prix du colza étaient en hausse ce jeudi 2 décembre 2021 en fin d’après-midi sur le marché européen, l’oléagineux consolidant sa reprise après des chutes spectaculaires, dans le sillage du pétrole.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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