« L’absence de droit de douane prélevé sur le sucre ou l’éthanol dans l’accord signé entre le Royaume-Uni et l’UE à 27 est une bonne nouvelle. Sur le papier, les flux peuvent donc être maintenus.

Mais il est à craindre que la moindre compétitivité du sucre français, par rapport aux nouvelles possibilités d’importation par les Britanniques, ne limite sa présence sur les court et moyen termes. Le Royaume-Uni s’est, notamment, octroyé un contingent annuel propre, sans droit de douane ni mention d’origine, pour 260 000 t de sucre brut à des fins de raffinage. C’est d’autant moins de disponibilité pour le sucre communautaire. L’UE, et surtout la France, en exporte 400 000 à 500 000 t vers les îles britanniques. Par ailleurs, l’accord ne limite pas les potentialités, pour le Royaume-Uni, de tisser de nouveaux accords de libre-échange en dehors de l’UE. Il pourrait se rapprocher des pays du Commonwealth. En cas de pratiques commerciales déloyales, des clauses de sauvegarde européennes pourront être activées. Mais elles sont difficiles à mettre en œuvre et ne peuvent intervenir que lorsqu’un litige a été constaté.

Concernant le bioéthanol, la perte de marché semble moindre : la hausse de consommation en France rend caduque, à court terme, le débouché britannique, déjà en baisse ces dernières années. »