Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Blé : pas encore condamné à la baisse en 2016-2017

réservé aux abonnés

 - -->
©

Malgré un début de campagne qui sera marqué par la lourdeur, une remontée des prix n’est pas à exclure en 2017.

Les premières perspectives récemment tracées par le ministère de l’Agriculture américain (USDA) et par la Commission européenne pour 2016-2017 tablent sur un bilan de blé aussi lourd que celui constaté en 2015-2016. Néanmoins, le retour vers une situation plus équilibrée reste envisageable, dès lors que l’on se penche d’une façon plus globale sur le bilan mondial.

Certes, comme le souligne l’USDA, les surplus de blé américain pourraient se reporter jusque fin 2016-2017 si la céréale ne retrouve pas une compétitivité à l’export. Comme le souligne la Commission européenne, l’UE va basculer dans la nouvelle campagne avec un boulet aux pieds, à savoir des excédents de plus de 5 millions de tonnes (Mt). Mais la demande mondiale pourrait être soutenue par les besoins en hausse du Maroc, frappé par une terrible sécheresse, et de l’Inde, dont la récolte va baisser pour une seconde année consécutive, alors que les stocks ont déjà subi une sérieuse cure d’amaigrissement.

Par ailleurs, si les conditions hivernales ont assurément été favorables aux cultures de l’UE et de la mer Noire, on est encore loin de la récolte. Anticiper des rendements hors norme est prématuré et, si l’on s’en tient aux tendances, l’UE et bien plus encore l’Ukraine devraient voir leur récolte baisser de façon conséquente.

Des incertitudes encore majeures

Le volume des récoltes européennes et mer Noire sera donc l’une des clés encore bien incertaine de la prochaine campagne. Il faudra aussi suivre de près le rythme des achats marocains et la situation en Inde. Avec les tempêtes qui se sont abattues sur les grandes zones de production indiennes ces dernières semaines, la récolte pourrait encore être revue à la baisse. La grande question est de savoir quelle sera l’attitude du gouvernement, qui devra choisir entre ouvrir le robinet des importations ou laisser chuter dangereusement les stocks. De ce choix dépendra le volume des achats indiens, qui pourraient s’inscrire entre 2 et 5 Mt.

Sauf accident climatique majeur, la compétition continuerait à être féroce sur le marché mondial pour la première moitié de campagne, compte tenu des stocks de départ chez les grands exportateurs. Mais si la baisse du disponible ukrainien se confirme, le redressement des prix est possible sur le premier semestre de 2017. Pas de miracle à attendre toutefois : la hausse sera modérée par la conservation d’excédents en Europe et aux Etats-Unis.

Gabriel Omnès (Tallage)
Le cabinet d’analyse Tallage n’exclut pas une possible remontée des prix du blé tendre, malgré la lourdeur de la récolte annoncée pour 2016-2017. © Claudius Thiriet
La récolte marocaine frappée par une sécheresse historique

La baisse ne fait plus aucun doute au Maroc, reste à savoir de quelle ampleur elle sera : confronté à une terrible sécheresse entre les semis et la mi-février, le pays va payer un lourd tribut au climat cette année. Des parcelles en céréales ont même été pâturées pour tenter de pallier le manque de fourrage dans les parcours. Le retour des pluies en février ne permettra pas de sauver la situation, et il n’est pas exclu de voir les rendements divisés de moitié. Cette catastrophe devrait profiter aux exportations européennes, qui gagneraient autour d’un million de tonnes sur cette destination par rapport à 2015-2016. Le besoin d’importations nettement accru du Maroc se combinerait à une concurrence ukrainienne moindre compte tenu d’une récolte attendue en net recul chez le géant de la mer Noire.

Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

Le blé en léger repli, les prix se stabilisent

Les prix du blé étaient en léger repli le vendredi 17 septembre 2021 à la mi-journée sur le marché européen, où les prix se stabilisent à un niveau élevé.
Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !