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Blé Les grands exportateurs mettent la pression

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Depuis les douze derniers mois, © C. Thiriet

Une concurrence exacerbée dans un contexte de faible demande mondiale fait stagner les expéditions françaises.

Le monde croule sous le blé, avec 733 Mt de grains d’après le dernier rapport du département américain à l’agriculture. « Alors que le climat d’affaires est maussade, la tendance des prix est à la baisse », confirme Olivia Le Lamer, responsable de l’unité grandes cultures à FranceAgriMer.

Les échanges de blé meunier ont été réduits de 3,6 % par rapport à la campagne précédente, contrairement aux échanges de blé fourrager. Les fabricants d’aliments du bétail asiatiques couvrent, en effet, leurs besoins et l’Ukraine prend alors pied sur ce marché aux côtés du Brésil.

Depuis les douze derniers mois, les écarts de prix entre les différentes origines se resserrent, conséquence d’une situation de concurrence exacerbée sur le marché des grains (lire infographie ci-dessus). L’amplitude entre le blé allemand et le blé français se rétrécit. « Et les prix français sont au coude à coude avec les origines mer Noire, soulève Olivia Le Lamer. Mais malgré des prix départ France compétitifs par rapport aux origines mer Noire, le grain français est desservi par les taux de fret sur l’Afrique du Nord. Par exemple, pour la Roumanie, ils sont de 7 $/t contre 12  $/t pour la France. »

La France peine, en effet, à se positionner en ce début de campagne, même si les exportations ont rattrapé leur retard début novembre, avec 2,7 Mt vendues, d’après FranceAgriMer (lire infographie ci-dessus). Malgré une collecte à 37,4 Mt, en hausse de 9 % par rapport à la campagne précédente, les prévisions d’export sont sensiblement les mêmes que celles de l’année dernière. Et alors que la qualité est appréciable, avec une « majorité des blés dans les classes premium et supérieures », d’après Benoît Méleard, chez Arvalis.

Débouchés rétrécis

Des niveaux d’export, donc, plutôt médiocres qui s’expliquent par un manque de dynamisme sur le marché. Sénalia et la Sica Nord Céréales ont d’ailleurs stoppé les réceptions de blé meunier sur Rouen et Dunkerque, faute de demande suffisante à l’export. Et à la même date, l’année dernière, le prix du blé meunier départ Rouen atteignait 225 $/t. A noter qu’aujourd’hui, on approche de 198 $/t. « La France semble aussi perdre sa position d’origine majoritaire au sein de l’UE », complète Olivia Le Lamer. La Roumanie, l’Allemagne, la Pologne ou la Lituanie se positionnent sur les marchés du Maghreb.

« L’année dernière, les parts de marché sur l’Algérie étaient tombées à 60 % au lieu de 85 %, et il sera peut être difficile de les récupérer », signale François Gatel, directeur de France Export Céréales. FranceAgriMer relève d’ailleurs le stock de fin de campagne à 5,2 Mt, contre 2,5 Mt en 2014.

Mais d’après Gautier le Molgat, analyste chez Agritel, « certains facteurs comme le repli du marché ou la baisse de l’euro face au dollar peuvent laisser entrevoir une amélioration dans les mois qui viennent. ».

Claire Faure

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La Russie, se taille la part du lion sur le Gasc, l’autorité publique d’achat en Egypte, avec 1,7 Mt exportées sur 2,7 Mt importées. La Pologne a aussi percé sur le marché public égyptien, avec sa première vente de l’ordre de 60 000 t. La France est desservie par un petit 11 % de taux protéines en moyenne du fait d’un effet de dilution avec un haut niveau de rendement et un troisième apport peu valorisé par le manque de pluies. Au 29 octobre, elle n’avait fait que 240 000 t contre 780 000 t la campagne précédente à la même date. « On sent en effet monter une pression sur la qualité, rapporte Olivia Le Lamer. Le Gasc aurait émis la possibilité d’augmenter à 12,5 % le taux de protéines dans ses appels d’offres.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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