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Blé dur Des cours en forte progression

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Les mauvaises récoltes canadienne et italienne, tant en quantité qu’en qualité, font grimper les prix du blé dur. La France devrait tirer son épingle du jeu à l’export.

Depuis octobre 2017, les prix du blé dur faisaient grise mine en raison de trois bonnes récoltes d’affilée au Canada, premier producteur et exportateur mondial. Mais un renversement de tendance est observé ces dernières semaines : le prix de la céréale a gagné 40 euros/t en portuaire (prix Fob La Pallice) depuis le mois de juillet 2019, malgré un petit fléchissement en ce début novembre.

Raison principale : la collecte canadienne a été perturbée par des pluies très abondantes et de la neige fin septembre-début octobre. La production du pays ne devrait pas dépasser 5 millions de tonnes (Mt), contre 5,7 Mt en 2018. Le blé dur étant très sensible en fin de cycle, sa qualité s’est dégradée : « Seuls 20 % de la récolte sera de bonne qualité pastière », chiffre le Sifpaf-CFSI (1).

L’Italie est aussi confrontée à des problèmes qualitatifs et sanitaires. « Elle devra importer plus de 1,5 Mt de blé dur cette année, en cherchant une céréale de qualité qui n’existe pas sur le marché en cette quantité », relatent les industriels des pâtes alimentaires et les semouliers. « Depuis le 1er juillet, l’Italie a acheté 450 000 t de blé dur, en grande partie en provenance du Canada », informe Nathan Cordier, d’Agritel. Le pays d’Amérique du Nord a d’ailleurs entamé sa campagne d’exportation sur les chapeaux de roue (voir l’infographie), avec 1,05 Mt chargé depuis le 1er août. Un niveau proche de son record de 2014. Les chargements canadiens sont très importants en ce début de campagne en raison de l’inquiétude sur la qualité et de la forte demande internationale, notamment européenne. L’UE va engranger seulement 7,8 Mt, contre plus de 8 Mt habituellement. Elle devrait importer 2 Mt en 2019-2020 et exporter 900 000 t, notamment vers l’Italie et le Maroc. La Turquie est également aux achats. Les marchés français et espagnols, où les blés sont de bonne qualité (lire ci-dessus), sont tendus et convoités.

Stocks historiquement bas

Ce fort déséquilibre au niveau mondial entre une production historiquement faible de 35,6 Mt et une demande toujours en progression est favorable à une remontée des cours. « Il manquera 2,6 Mt cette année, estime le Sifpaf-CFSI qui anticipe à seulement 8,2 Mt les stocks mondiaux en fin de campagne, soit 22 % de moins que les années précédentes. Ce qui impacterait encore les prix du blé dur au second trimestre 2020.

La hausse des cours semble donc partie pour durer, d’autant plus qu’« aucun élément de marché ne devrait modifier ces déséquilibres fondamentaux d’ici à la fin de la campagne 2019-2020, jugent les industriels des pâtes. Ces derniers sont préoccupés par la situation car il n’existe pas sur le marché européen de couverture, ni de marché à terme et de capacités de stockage suffisantes.

Isabelle Escoffier

(1) Syndicat des industriels fabricants de pâtes alimentaires de France et Comité français de la semoulerie industrielle.

Bonne qualité française

En France, la qualité des blés durs est excellente cette année. Le taux protéique atteint 13,9 % et le poids spécifique est de 80,2 kg/hl (95 % des volumes sont au-dessus de 78 kg/ha). La teneur en eau est historiquement basse, à 11,4 %. Pour le temps de chute de Hagberg, 76 % des blés durs sont au-dessus de 350 secondes. « Le taux de grains germés, mouchetés et fusariés est exceptionnellement bon, soulignait Christine Bar, d’Arvalis, en septembre dernier. 97 % des lots sont en dessous de 5 %. Les blés sont bien jaunes, ce qui est très apprécié en France et à l’étranger. »

La production mondiale de blé dur devrait reculer à son plus bas niveau en cinq ans, à 35,6 Mt. © Claudius Thiriet
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Cet article est paru dans La France Agricole

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