Les cours des engrais sont actuellement sur une phase descendante, en lien avec le recul du prix du gaz ces dernières semaines. Ce dernier est en effet passé de 200 €/Mwh (prix spot européen, gaz TTF) il y a un mois à 130 €/MWh le 14 octobre. "Ce repli du gaz a permis au marché des engrais de se rééquilibrer", explique Alexandre Willekens, expert en engrais chez Agritel. La solution azotée s’est ainsi stabilisée vers 700 €/t Fob Rouen.

De son côté, l’ammonitrate 33,5 %, qui était monté jusqu’à 1 200 €/t en mars-avril faisant suite au déclenchement de la guerre en Ukraine, est redescendu à 960 €/t Franco France. Alors que la fabrication d’ammonitrate a été fortement diminuée en Europe, la France a pu continuer de produire grâce à l’importation d’ammoniac (fabriqué à partir de gaz pour produire des engrais azotés). Ce qui a aussi contribué à détendre les prix hexagonaux.

Inde aux achats

Quant à l’urée, elle est davantage soumise au marché mondial très volatil. Elle a perdu 100 €/t en un mois (827 €/t Franco Atlantique au 14 octobre), du fait de la diminution de la demande mondiale et de la baisse du prix du gaz. Le facteur important pour ce marché directeur des engrais, c’est le retour aux achats de l’Inde qui a lancé un appel d’offres. Cela devrait déterminer le prix dans les prochains jours.

La détente du cours du gaz incite l’Europe à reprendre la production, par exemple en Pologne, en Italie et en Allemagne. Ce qui constitue un facteur plutôt baissier pour le marché des engrais. « Mais le point noir reste la logistique, affirme Alexandre Willekens. De plus en plus de distributeurs d’engrais ont des inquiétudes sur la disponibilité en camions pour livrer au printemps. » Il conseille aux agriculteurs de se couvrir pour 2023 d’ici au mois prochain.