Jules Kister, tondeur

« Le prix de la laine (*) dans le bassin allaitant du centre-ouest de la France est tombé à 0,80 €/kg, contre 1,30 €/kg en 2015. Il ne couvre pas les frais de tonte, qui s’élèvent à 1 €/kg environ. Pourtant, la laine était plutôt de meilleure qualité cette année, en raison de l’hiver doux. Les animaux ont passé davantage de temps au pâturage et moins en bergerie. La baisse des cours et de la demande chinoise peuvent expliquer ce recul. Je m’étonne toutefois que les principaux acheteurs de laine ne puissent pas amortir la chute du prix. Entre la récolte en suint et la mise sur le marché de la laine lavée, il peut s’écouler plus d’un an. Il est dommage que les marchands ne se voient pas comme des acteurs de la filière et ne proposent pas une démarche de contractualisation aux éleveurs. Alors que, de leur côté, ces derniers ont progressé pour améliorer la propreté des chantiers de tonte et la qualité de la récolte en général. Nous avons besoin d’une filière de négoce comme débouché principal. Il serait souhaitable que tous les acteurs participent à la revalorisation d’un coproduit textile du mouton. Les éleveurs comme les tondeurs jouent le jeu, reste aux marchands à prendre leur part. »

(*) Prix de la laine pour les races bouchères.