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Un marché dynamique en quête d’une meilleure démarcation

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Agneau bio  - Un marché dynamique en quête d’une  meilleure démarcation
Les sorties entre les bassins de production sont complémentaires. © M.-F. Malterre

La production d’agneaux bio ralentit après cinq années de large croissance. Elle est en forte concurrence avec les autres signes de qualité.

«Le marché de l’agneau bio a été très dynamique au cours des dix dernières années, a déclaré Jean-François Deglorie, de Forébio (1), le 9 septembre lors d’une conférence à Tech-Ovin, à Bellac, en Haute-Vienne. Depuis 2015, la croissance du cheptel de brebis a même bondi de 10 %. » En 2020, le cheptel bio compte près de 220 000 brebis, soit un peu plus de 3 % de l’effectif ovin total français. Ce pourcentage, même s’il est modeste, est plus élevé que pour les filières porcine ou bovine.

« La moyenne annuelle de la croissance des ventes ralentit toutefois depuis 2018, ajoute-t-il. Elle augmente de 9 %, alors qu’entre 2015 et 2018, le secteur enregistrait une croissance à deux chiffres (16 %). » En 2020, le chiffre d’affaires de la viande d’agneau bio atteignait 79 millions d’euros, selon l’Agence Bio. C’est presque deux fois moins que la viande porcine bio, qui dégage 159 millions d’euros. Les secteurs qui génèrent les chiffres d’affaires les plus importants sont la charcuterie-salaison (189 millions d’euros), loin derrière la viande bovine et ses 446 millions d’euros.

Comme l’agneau standard, les ventes de l’agneau bio ne sont pas réparties uniformément sur l’année. La fête de Pâques au premier semestre dope la demande. À noter toutefois que la production d’agneau bio à cette période, surtout avec des races saisonnées, peut être techniquement compliquée et qu’elle est exigeante en fourrages et céréales autoproduits pour ne pas grever la marge.

Le « débit » d’une région à l’autre est également variable. « Mais nous observons des complémentarités et des échanges entre bassins », explique Jean-François Deglorie. La production du Sud-Est est davantage présente au début de l’année tandis­ que celle du Centre-Est augmente en fin d’année, ce qui peut occasionner des transferts de marchandises.

Les écarts de prix s’amenuisent

« Le cours moyen rendu abattoir est en progression depuis 2013, déclare Jean-François Deglorie. En 2020, il s’affiche à 7,70 €/kg de carcasse, mais l’écart avec les tarifs de l’agneau conventionnel diminue de plus en plus. L’agneau bio entre en forte concurrence avec les labels. Toutes les carcasses certifiées ne sont pas commercialisées en bio. Il existe des marges de valorisation. Il faudra communiquer sur le produit bio pour se démarquer des autres signes officiels de qualité qui ont aussi le vent en poupe depuis la Covid-19. »

Les circuits de valorisation-distribution de l’agneau bio sont variés. « Si les hypermarchés sont en perte de vitesse, la demande de la restauration hors domicile (RHD), qui avait été pénalisée pendant la Covid, augmente, indique l’expert. L’achat en direct, qui avait connu un engouement au début de la crise sanitaire, ralentit mais se maintient. »

M.-F. M.

(1) Fédération des organisations économiques 100 % bio.

Des carcasses de qualité

La qualité des carcasses « n’a pas à rougir par rapport aux produits standard », assure Jean-François Deglorie. Les poids moyens des carcasses, selon les régions, atteignent 16 à 18 kg, sachant que 64 % d’entre elles sont classés en R, 14 % en U et 22 % en O. Chaque type de carcasse peut être valorisé dans des circuits différents. La boucherie privilégie par exemple celles de 16 à 20 kg classées U ou R, tandis que celles « hors catégories » peuvent trouver un débouché dans la restauration collective en sauté ou rôtis.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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