Il aura fallu des années pour y parvenir, cependant les retraités agricoles auront réussi un double tour de force : le vote de deux lois portées par le député communiste André Chassaigne (Puy-de-Dôme) permettant de revaloriser leurs petites pensions. Fruit d’un compromis avec le gouvernement et la majorité, les deux textes ont été adoptés à l’unanimité par le Parlement. Preuve, s’il en fallait, de la légitimité du combat des anciens pour des retraites dignes.

Minimum à 85 % du Smic

Votée en juin 2020, la loi dite « Chassaigne 1 » fait passer leur minimum de pension de 75 à 85 % du Smic net, soit 1 035 € par mois pour les futurs mais aussi actuels retraités (attention, seulement pour une carrière complète de chef d’exploitation). Avec une entrée en vigueur au 1er novembre 2021, le premier paiement de cette revalorisation est intervenu le 9 décembre. Il a permis à plus de 200 000 retraités agricoles (sur un total de 1,2 million), à 80 % des hommes, de bénéficier d’un coup de pouce d’une centaine d’euros par mois en moyenne.

Pour les retraités, le combat continue

C’est également le 9 décembre que le Parlement a validé définitivement la loi dite « Chassaigne 2 » visant à revaloriser les pensions agricoles les plus faibles, le plus souvent perçues par des femmes. Le texte aboutit à une retraite minimum de 700 euros par mois pour les conjoints et aides familiaux à carrière complète. La mesure entrera en vigueur le 1er janvier 2022 et bénéficiera à 214 000 as­surés. L’Anraf (Association nationale des retraités agricoles de France) et les syndicats agricoles, la FNSEA et la Confédération paysanne, se félicitent de cette mesure, mais restent mobilisés. Ainsi, pour la FNSEA, « le combat continue pour obtenir une revalorisation des retraites des membres de la famille à carrière complète à hauteur de 75 % du Smic (913 € par mois) ».

Quant à la réforme des retraites, repoussée en raison de la crise sanitaire, elle sera un sujet explosif de la campagne pour l’élection présidentielle.

Aurore Cœuru