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« Nous recourons à d’autres sources de financement »

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Alternative. « Nous avons une entreprise à faire tourner, il faut trouver des solutions nouvelles », expliquent Cyrille (39 ans) et Céline (38 ans), éleveurs multiplicateurs de lapins et arboriculteurs. © r.aries

Pour Cyrille Filleul et Céline Prudor, le portage foncier et le don participatif sont des moyens comme les banques de se financer.

Pas de tabou. « Les banques ne suffisent plus. Il ne s’agit pas pour autant de s’en passer, mais de trouver en plus de nouveaux partenaires pour financer nos projets. » Cyrille Filleul est, depuis 2005, éleveur multiplicateur de lapins à Vieux-Viel, en Ille-et-Vilaine. Il en élève environ 11 000, dont 700 femelles. Avec sa compagne, Céline Prudor, ils se sont lancés dans l’arboriculture en 2012 et disposent de 9,5 ha de vergers. Ils récoltent environ 170 tonnes de pommes par an : 45 t sont transformées dans leur cidrerie en jus de pomme, cidre et vinaigre, qui seront vendus à la ferme avec le label bio à partir de la fin 2018. Ils produiront également du vin de pomme et de rhubarbe.

Une idée de Cyrille qui, dans sa famille, est considéré comme « un novateur qui se passionne pour tout », rapporte sa compagne. C’est un curieux. Hors cadre familial, il ose sans la pression de l’héritage : « J’essaie de me creuser la tête pour trouver des solutions. »

Trésorerie immédiate

Quand la maladie virale hémorragique a frappé ses lapins en mars 2016, il a perdu, en seulement quatre jours, 2 000 mâles et femelles. Cyrille a accusé le coup mais, rapidement, a tenté de trouver une issue. « J’avais une perte d’environ 17 000 euros. Dans le même temps, l’une de nos banques a réduit l’ouverture de notre crédit. Je n’ai jamais eu l’idée de remettre mon activité en question. En revanche, il fallait réagir vite et trouver de l’argent. »

En février 2017, Cyrille et Céline ont fait appel à la coopérative de portage foncier Terrafine. « C’est le premier agriculteur à nous avoir joints », note Yves Seïté, leur conseiller. Le couple, qui dispose de 39 ha dont 22 en propriété, a choisi de lui céder 4 ha : la vente définitive s’est réalisée en octobre 2017, et il a ainsi pu récupérer environ l’équivalent de la somme perdue. « Je n’ai pas eu le sentiment de me couper un bras en cédant du foncier. Pourquoi garder à tout prix ces quelques hectares ? Je continue à en avoir l’usage et mes comptes vont mieux. La terre est sacrée pour moi, mais je n’ai pas le souci d’y être attaché à tout prix. » S’il le souhaite, il peut les racheter, au même prix, dans les cinq ans. « Dans deux ans, nos gros emprunts seront payés. Alors pourquoi pas ? Est-ce que ce sera judicieux de placer mon argent dans la terre ? On verra. »

Leur fermage est de 250 euros par an. « Le bail cessible est un peu plus cher, mais ça nous convenait. Il n’est pas impossible que nous cédions d’autres hectares si besoin. » Cyrille met en garde cependant : « Nous avons eu des difficultés sur une période donnée. » Pour ce type d’opération, l’exploitation doit être viable financièrement, « sinon, vendre la terre n’aurait sûrement pas été suffisant ».

Rosanne Aries
« La vente est assortie d’une clause de rachat »

Yves Seïté conseiller Terrafine

«C’est une vente avec faculté de rachat. En clair, il existe une clause qui donne un droit à l’acquéreur de reprendre son bien, dans les cinq ans, au prix vendu. Nos ventes sont assorties de cette clause. Il s’agit d’une option, pas d’une obligation : le bail cessible garantit au cédant un accès à ce foncier, et lui permet de transmettre cet accès à un successeur hors du cadre familial. C’est une question de placement d’argent. Or, souvent, il existe une confusion entre l’outil de travail et le produit d’épargne. Le discours de Cyrille Filleul n’est pas représentatif de celui du monde agricole. Pour lui, c’est l’accès au foncier qui compte, pas la propriété. Mais c’est une notion qui n’est pas évidente pour tous. »

© r.aries
Avec un don participatif

Cyrille et Céline ont aussi fait appel à Miimosa pour un don participatif.

En 40 jours, ils ont obtenu 5 000 euros, 69 contributeurs y ont participé. « En contrepartie, nous donnerons des produits et avons prévu des visites. »

« Avec cet argent, nous avons acheté plus de 300 plants de rhubarbe et du matériel vinicole. Nous nous lançons dans le jus et le vin de rhubarbe. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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