Installé en Gaec avec son frère à Sully-sur-Loire, Nicolas Lefaucheux élève 70 vaches laitières et cultive 180 ha de grandes cultures. Sa compagne, Alexandra Laurent-Claus, a créé un élevage d’ânesses de Provence pour fabriquer du savon et des cosmétiques. Hors cadre familial, elle a développé sa clientèle à Oussoy-en-Gâtinais grâce à un magasin de vente à la ferme et des visites pédagogiques. C’est dans ce village que le couple a décidé d’habiter.

Leur petit garçon, Julian, est né en 2016. Avant sa naissance, Alexandra avait acheté une écharpe pour pouvoir le porter tout en travaillant : « Dans mon esprit, les enfants d’agriculteurs étaient toujours avec leurs parents. Ils s’amusaient sur la ferme, avaient de l’espace pour évoluer… J’avais envie que Julian ait cette chance. » Mais les choses ne se sont pas déroulées ainsi. Six mois après la naissance de son fils, Alexandra saisit une opportunité de travailler à l’extérieur. Puis elle arrête rapidement pour se concentrer sur son élevage. Le couple s’est donc mis en quête d’une nourrice. « Je travaillais de 11 h à 18 h, parfois jusqu’à 21 h. Nous avons recherché une personne avec des horaires très flexibles », se souvient la jeune femme. Le couple trouve en 15 jours une assistante maternelle à 15 minutes de leur domicile. « J’étais inquiète car mes amies résidant en ville me disaient qu’elles devaient réserver une place dès qu’elles étaient enceintes ! Dans notre secteur, il y a plus de nourrices que de bébés à garder. Nous avons eu le choix », souligne l’éleveuse. Et le tarif est abordable : 280 € pour 12 jours de garde par mois, sans les repas.

Organisation sans faille

Durant quelques semaines, Julian va chez la nourrice tous les jours. Puis Alexandra trouve un équilibre, en lui confiant son bébé d’abord trois à quatre demi-journées par semaine, puis trois jours complets de 12 heures. Elle le garde le reste de la semaine, sauf le dimanche, qu’elle consacre à des marchés ou des foires. « J’ai écrémé les petits marchés et je n’ai gardé que les plus importants », confie-t-elle. Quand elle part en déplacement, Nicolas s’occupe de Julian. Toutefois, un dimanche matin sur deux, il travaille et l’emmène sur sa ferme, où la grand-mère de Julian prend le relais.

En semaine, Nicolas profite peu de son fils : « Avec l’exploitation à 30 minutes de notre résidence, je ne peux pas faire des allers-retours dans la journée. Je le vois vers 20 h-21 h. Ça fonctionne car il est petit, mais ce sera différent quand il aura un rythme scolaire. »

L’organisation, pourtant bien huilée, génère des frustrations : « Nous ne sommes quasiment jamais ensemble tous les trois. Mais nous ne désespérons pas de nous organiser autrement pour trouver une situation plus sereine », souligne Nicolas. Avec son frère, ils réfléchissent à se libérer un dimanche entier sur deux.

Aude Richard