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« Nous combinons circuits courts et circuits longs »

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Pour développer les débouchés sur place, Maïté Tichet a rénové le buron du Cap Combattut, où elle a aménagé un point de vente, des gîtes et une ferme-auberge. © F. Ehrhard

À la Ferme du Soldadier, sur le plateau de l’Aubrac, les différents débouchés se complètent pour valoriser au mieux les animaux.

Jean-Louis Tichet et sa fille Maïté élèvent cinquante-cinq vaches aubracs sur 103 hectares de prairies à Nasbinals, en Lozère. La Ferme du Soldadier valorise un quart de ses veaux en vente directe et trois quarts en broutards à l’export. « Pour la vente directe, nous choisissons les veaux les moins bien conformés. Grâce à ce tri, nous améliorons l’homogénéité de nos lots de broutards destinés à l’engraissement, ce qui nous permet de les revaloriser de 0,15 €/kg vif en moyenne », explique la jeune éleveuse.

Les veaux orientés vers la vente directe donnent des carcasses plus légères, avec un rendement en viande réduit de 2 à 5 % par rapport à ceux mieux conformés. « Mais leur finition est plus rapide et, surtout, ils donnent une viande plus tendre et savoureuse, qui plaît à nos clients », constate Maïté. Pour améliorer les lots de broutards, la jeune éleveuse souhaite augmenter le tri, donc la part de la vente directe, en optimisant l’organisation de celle-ci, ce qui permettra aussi de réduire les frais de commercialisation. Cependant, ces changements sont difficiles à mettre en œuvre quand on est loin des bassins de consommation et qu’il faut faire des kilomètres pour aller livrer des clients.

Étoffer le réseau de livraisons

Afin de développer des débouchés sur place, Maïté a rénové le buron du Cap Combattut, dans la commune voisine de Marchastel, où elle a aménagé des gîtes et une ferme-auberge. Elle y propose également à la vente des pièces sous vide et des produits transformés. L’auberge, ouverte d’avril à novembre, valorise les viandes de la ferme. « C’est un débouché en plus, saisonnier mais important, souligne l’éleveuse. S’il y a des invendus durant cette période, je sais que je les cuisinerai facilement. J’arrive ainsi à programmer les abattages et les livraisons bien à l’avance, sans attendre d’avoir assez de commandes. Mes clients apprécient, c’est un plus pour les fidéliser. » Parmi les touristes qui découvrent ses produits au buron, Maïté arrive à recruter de nouveaux clients qui souhaitent se fournir auprès d’elle une fois rentrés chez eux. Cela l’aide à étoffer son réseau de livraisons. « Tous les deux mois, je fais une tournée de 900 kilomètres en Languedoc et en Provence, explique-t-elle. En deux jours, j’arrive à caler quinze à vingt livraisons, en groupant deux ou trois clients à chaque arrêt, de préférence à une sortie d’autoroute ou sur un parking facile d’accès, pour ne pas perdre de temps. »

Selon les calculs de la jeune femme, avec un veau et une vache vendus à chaque tournée, une fois les frais de commercialisation déduits, la vente directe dégageait 15 % de marge en plus par rapport à la vente en broutard. « Pour améliorer ce résultat, mon objectif est d’arriver à vendre un veau ou une vache de plus par tournée, confie Maïté. Afin d’y parvenir sans avoir à parcourir plus de kilomètres, je compte développer les points relais. »

Frédérique Ehrhard

Des points relais pour gagner du temps

Dans sa tournée, Maïté a un point relais chez un maraîcher du Vaucluse. Afin d’élargir son offre au-delà des fruits et légumes et ainsi mieux fidéliser ses clients, celui-ci accueille tous les samedis un agriculteur qui propose d’autres produits. « Je m’y arrête tous les deux mois, explique l’éleveuse. J’amène des pièces sous vide, ce qui permet aux clients de ce producteur de découvrir mes viandes sans avoir à acheter un colis. Ceux-ci peuvent ensuite m’en commander, s’ils le souhaitent. »

En retour, Maïté invite ses propres clients à venir chercher leur colis dans ce point relais. À cette occasion, ils découvrent les fruits et légumes du maraîcher, qui peut ainsi élargir, lui aussi, sa clientèle. « Je suis présente de 16 h à 19 h chez lui. C’est plus souple à gérer que des rendez-vous à une heure précise. Les clients viennent à moi. Et j’ai plus de temps pour échanger avec eux », apprécie-t-elle.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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