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« Nous avons partagé le Gaec en deux »

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À 1 000 m d’altitude, ces terres conviennent aux brebis. « Il n’est pas question de laisser la place aux loups ! », affirme Rémi (à gauche) et Arnaud Maurin. © F. Ehrhard

Préférant s’installer séparément, deux cousins, Rémi et Arnaud Maurin, ont repris chacun les parts de leurs pères associés

Autour d’eux, Rémi et Arnaud Maurin, deux jeunes éleveurs d’ovins à Prévenchères, en Lozère, ont vu des Gaec se séparer peu de temps après avoir été créés. « Mon père, Louis, et son frère, François, avaient fondé le Gaec de la Fare. À leur retraite, mon cousin Arnaud et moi aurions pu prendre leur relève et devenir associés. Nous nous entendons bien, mais n’avons pas la même approche du troupeau. Afin de partir sur de bonnes bases, nous avons préféré nous installer séparément », explique Rémi.

Faire des compromis

D’un commun accord, les biens du Gaec ont été répartis entre les deux frères en 2015, au moment où Louis a pris sa retraite. Pour partager le troupeau, ils ont fait passer les 800 brebis dans un couloir de contention en les envoyant une par une dans le parc de gauche puis de droite, afin de constituer deux lots équivalents. Avec l’aide du conseiller du CerFrance Lozère, le matériel a été évalué et réparti de façon à équilibrer au mieux les valeurs des deux lots et limiter la soulte à verser pour ajuster. Le Gaec possédait deux bergeries à cinquante mètres l’une de l’autre. Chacun des frères en a pris une. « L’une était petite mais plus récente, l’autre plus grande. Il a fallu faire des compromis pour arranger les deux parties », note Rémi.

Rationaliser le travail

En vue de créer deux exploitations fonctionnelles pour leurs enfants, Louis et François, les deux frères, ont échangé des parcelles. Chacun a pris les prairies et les pâtures groupées du côté de sa bergerie. « Cela a évité de partager des blocs et d’avoir à refaire des clôtures », souligne Arnaud. Les terres labourables ont aussi été divisées en deux lots groupés dans le but de réduire les déplacements de matériel. Tous ces échanges ont été formalisés chez le notaire.

Rémi a racheté les parts sociales de son père et s’est installé en 2016 avec 400 brebis, une bergerie, un tracteur, du petit matériel et 250 ha en fermage de son père. Avec son frère Florent, qui était déjà agriculteur à titre individuel, ils ont créé le Gaec Maurin. À deux, ils ont désormais 750 brebis, deux bergeries et des terres sur trois sites différents, qui assurent l’autonomie fourragère. Arnaud, lui, a intégré le Gaec de la Fare avec son père, puis sa mère. « J’ai aussi repris d’autres terres pour conforter l’autonomie. Et j’ai racheté les parts de mon père lorsqu’il est parti à la retraite », précise-t-il.

Aujourd’hui, les deux exploitations tournent bien. « Nous nous sommes installés au moment de la revalorisation des DPB ovines, cela nous a bien aidés », note Arnaud. Ils produisent tous les deux des agneaux de bergerie valorisés sous l’IGP Agneau de Lozère Elovel, et partagent les mêmes estives l’été sur le mont Lozère, où ils sont confrontés à la prédation des loups. « Même si nous avons des approches différentes sur le troupeau, nous avons une même passion du métier d’éleveur ovin. Et nous sommes déterminés à continuer malgré le loup, même si c’est un vrai problème », affirment-ils.

Frédérique Ehrhard

Des échanges

Échanger des parcelles avec ses voisins permet de créer des îlots plus fonctionnels et de gagner du temps au quotidien. Si les valeurs des lots de parcelles échangées ne sont pas équivalentes, il y a une soulte à payer.

La différence de surface entre lots ne doit pas dépasser 40 %. Les parcelles sont échangées en un seul acte notarié par propriétaire. « Il y a des frais à payer, qui varient entre 500 et 1 000 euros par acte. Lorsque ces échanges impliquent au moins cinq hectares de terres et cinq agriculteurs, le conseil départemental

de Lozère verse une aide qui couvre 80 % des frais de notaire, et éventuellement

de géomètre », note Philippe Boulet,

de la Safer Occitanie, qui anime des opérations d’échange.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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