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Mutualiser les livraisons

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À plusieurs,les producteurs optimisentle remplissage des véhiculeset diminuent leurs frais. © B. Lafeuille

La Charrette propose des solutions aux producteurs pour réduire les frais etle temps passé en livraison.

Jeudi matin, 9 h 30. La camionnette de Nabil entre dans la cour de ferme. Des palettes de choux et de citrouilles attendent. Le temps de charger la marchandise, saluer le producteur, récupérer le bon d’enlèvement, et il redémarre. Il a reçu, la veille, les informations sur la tournée : coordonnées des agriculteurs, produits à transporter, plages horaires à respecter. Il reste cinq étapes avant de mettre le cap vers Lyon (69).

« On n’a pas le temps de boire un café, mais c’est sympa, l’ambiance est familiale », sourit Nabil. Ce dernier commence à bien connaître les producteurs de cette tournée, qui évolue toutefois au fil des saisons et selon les besoins du commanditaire.

Il s’agit là d’Agriz, une jeune entreprise basée à Lyon. Elle regroupe l’offre d’exploitants locaux (du Rhône ou des départements voisins) pour livrer des restaurateurs et des distributeurs de la métropole. Ceux-ci disposent ainsi de fruits et légumes ultra-frais - souvent récoltés le matin même. Une rareté, permise grâce au procédé bien rodé dont La Charrette est le chef d’orchestre.

Ce dispositif de colivraison a été créé par deux sœurs. La plate-forme web développée début 2017 fonctionne comme un blablacar des producteurs. Pour partager les frais, elle met en relation ceux qui prévoient de livrer des marchandises et veulent optimiser le remplissage de leur véhicule, et ceux qui cherchent à déléguer la livraison.

« Ce système permet de mailler l’ensemble du territoire, en couvrant les endroits peu accessibles, souligne Laura Giacherio, l’une des fondatrices. Mais pour aller plus loin et livrer les villes, il est très pertinent de faire travailler un transporteur indépendant. » L’entreprise a donc développé un réseau de petits transporteurs, dont certains effectuent des tournées régulières.

« On fait de la mise en relation, en massifiant les flux pour que cela revienne moins cher pour tout le monde », résume Laura, qui définit La Charrette comme une « bourse de fret ». « L’objectif est de mutualiser les livraisons des producteurs, quelle que soit la destination. » La société se rémunère en prenant une commission de 15 % sur les frais de transport échangés (soit le tarif réglé au transporteur indépendant ou la participation payée par le producteur bénéficiant d’une colivraison). Ce coût inclut une assurance (par Groupama) à hauteur de 2 000 euros, contre le vol, la casse et les ruptures de chaîne du froid.

Solutions sur-mesure

Un producteur ayant une livraison à assurer peut trouver son bonheur directement sur le site web, parmi les propositions de trajets postées. « Mais la plupart du temps, on nous appelle », explique Laura, qui reconnaît y passer beaucoup de temps mais tient à cette relation privilégiée. La Charette cherche alors une solution sur-mesure : « On peut contacter des producteurs de notre réseau qui n’ont rien posté sur le site mais sont susceptibles d’effectuer ce trajet. Ou monter une micro-tournée avec un transporteur, s’il y a suffisamment de producteurs et de marchandises dans le secteur. Ou encore l’intégrer à une tournée existante, s’il y a de la place dans le véhicule… »

La place, c’est justement ce qui risque de manquer à Nabil. Arrivé à l’avant-dernière ferme de la tournée, sa camionnette est presque remplie. Agriz appelle : il faudrait faire un crochet pour aller chercher quelques cagettes de légumes supplémentaires. « Ce sont les aléas, on s’adapte », s’amuse Nabil. Mais là, choux ou céleris, il faudra choisir !

Bérengère Lafeuille

(1) https://lacharrette.org/

Combien ça coûte

L’inscription sur La Charrette est gratuite. Pour faire livrer un produit par un autre producteur (colivraison), on fixe le tarif avec lui. La Charrette propose un calculateur pour aider à déterminer un prix, selon la distance et le volume occupé par chaque producteur dans le véhicule. Comme pour le covoiturage classique, le colivreur ne doit pas réaliser de bénéfice : la somme perçue sert à couvrir une partie des frais (1). Le système de paiement ne débloque les fonds qu’après 48 heures, pour laisser le temps de déclarer un sinistre éventuel.

(1) Cette somme est imposable. À l’inverse, les frais de colivraison sont des charges déductibles.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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