Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, mais les prix des matériels agricoles s’en rapprochent. Depuis le début de la crise sanitaire, la flambée des prix matières premières se répercute directement sur les tracteurs et équipements agricoles. L’Insee vient de publier la mise à jour de ses indices Ipampa (indices des prix d’achat des moyens de production agricole). Sans surprise, ils montrent une forte croissance depuis quelques années, mais laissent aussi apparaître une accélération de la hausse pour tous les matériels.

Les remorques, championnes de la hausse

L’indice qui a le plus augmenté ces deux dernières années est celui des remorques et véhicules agraires. Alors qu’il ne progressait que faiblement depuis 2015, année qui sert de référence pour les prix de tous les matériels avec l’indice 100, il a flambé depuis août 2020 avec une hausse record de 21%. Cetteflambée s’explique par celle de l’acier, qui représente l’essentiel du coût d’un véhicule agraire.

L’acier coûte aujourd’hui entre 1 000 et 1 500 € la tonne selon les références, soit trois fois plus cher qu’il y a 18 mois. L’Inox et l’aluminium suivent la même tendance. Les prix des véhicules agraires sont également pénalisés par la mise en place de la nouvelle réglementation sur le freinage, qui oblige au montage d’une double ligne pneumatique ou hydraulique, plus coûteuse que la simple ligne hydraulique.

Difficile pour les pulvérisateurs et les tracteurs

Les pulvérisateurs se classent aussi sur le podium des hausses stratosphériques. Leur indice de prix a progressé de 14 % en deux ans, alors qu’il était précédemment sur un rythme de 8% en 5 ans. Du côté des tracteurs, l’augmentation de l’indice des prix frôle les 10% en deux ans. Dans les deux cas, la flambée de l’acier, des composants plastiques, mais aussi des composants électroniques explique la hausse.

Attention aux augmentations de l’automne

L’étude des courbes de l’Insee révèle aussi que pour certaines catégories comme les machines de récolte, les semoirs et les matériels de travail du sol, de grosses augmentations seront appliquées en octobre et en novembre. Cela correspond au début de campagne pour la récolte et au lancement des commandes de morte-saison pour les autres matériels.

Inquiétude des concessionnaires

Par la voix de leur syndicat, le Sedima, les concessionnaires de matériel agricole s’inquiètent justement de la hausse à venir à l’automne prochain. « Les distributeurs manquent de visibilité quant à l’évolution de la demande de leurs clients dans un contexte économique global incertain. La question est posée du seuil d’acceptabilité par les clients face à des hausses de prix à répétition. »

« Un tiers des distributeurs de matériels agricoles pense que les hausses de prix pourraient impliquer des reports ou annulations de commandes sur le second semestre de 2022 », prévient le Sedima. Certains concessionnaires pourraient se retrouver dans une grande difficulté financière car « l’impossibilité de répercuter en totalité les hausses de prix appliquées par les constructeurs, notamment dans le cas des matériels déjà commandés, impacte les marges des entreprises ».