C’est dans une ferme nichée au milieu des pâtures qu’Anthony Bucher élève seul une centaine de vaches charolaises. L’exploitation, située dans la commune d’Erdre-en-Anjou (Maine-et-Loire), est répartie sur 110 hectares de terre, dont 60 ha de cultures et 50 ha de pâtures. L’éleveur a repris l’exploitation à l’âge de vingt et un ans, en Gaec avec sa mère, à la suite du décès de son père en 2007.

 

« Pour l’heure, je charge la trémie à l’aide de seaux et d’un escabeau. À l’avenir, je compte installer une vis sans fin dans le bâtiment de stockage des aliments, pour faire monter la matière dedans. » © P. Denis/GFA
« Pour l’heure, je charge la trémie à l’aide de seaux et d’un escabeau. À l’avenir, je compte installer une vis sans fin dans le bâtiment de stockage des aliments, pour faire monter la matière dedans. » © P. Denis/GFA

« Au début, et jusqu’en 2015, ma mère m’aidait à la ferme, car on élevait à la fois des vaches allaitantes et des laitières. Mais, ayant moins d’attrait pour la partie laitière, je me suis séparé du troupeau. Malgré ce changement, j’ai une grosse charge de travail. Il arrive qu’un apprenti ou un stagiaire vienne me prêter main-forte », explique Anthony.

Distribuer en un passage

En fonction des années, les vaches ont accès à l’herbe entre six et sept mois. « Néanmoins, je laisse l’accès aux bâtiments à certaines bêtes, je continue donc à les nourrir et à les surveiller. Mon bol me sert ainsi toute l’année », souligne l’éleveur. Celui-ci est muni d’une mélangeuse distributrice Solomix 2-1500 de chez Trioliet.

Concernant l’hydraulique, la trappe de vidange de la trémie est pilotée directement par le tracteur. Le moteur des vis qui mélangent la matière est connecté en série au moteur du tapis de droite de la mélangeuse. © P. Denis/GFA
Concernant l’hydraulique, la trappe de vidange de la trémie est pilotée directement par le tracteur. Le moteur des vis qui mélangent la matière est connecté en série au moteur du tapis de droite de la mélangeuse. © P. Denis/GFA

 

En hiver, lorsque le troupeau est dans les bâtiments, Anthony le divise en lots pour adapter les rations qu’il donne aux différents animaux. « Contrairement à mes jeunes bovins, pour les vaches à l’engraissement et les veaux, je prépare une ration à laquelle je rajoute un complément : farine d’orge, tourteau de soja… », poursuit-il. C’est pour faciliter cette opération et réduire la charge de travail que l’agriculteur a décidé d’installer une trémie supplémentaire sur sa mélangeuse, afin de distribuer le complément en un passage.

« Avant d’installer la trémie, je faisais des allers-retours avec une brouette et des sceaux, ajoute Anthony. C’était long et il m’arrivait parfois de renverser un seau ou deux sur le trajet ». En effet, l’étable est située relativement loin du bâtiment de stockage­ des aliments et le chemin qui les sépare s’avère glissant et accidenté en fonction de la météo et des traces laissées par le passage des engins.

 

Lors de l’installation sur sa mélangeuse de la trémie, Anthony n’a pas calculé la longueur entre la cabine et cette dernière. Il arrive, lorsqu’il braque fort à droite, que la vitre arrière du tracteur frôle la trémie additionnelle. © P. Denis/GFA
Lors de l’installation sur sa mélangeuse de la trémie, Anthony n’a pas calculé la longueur entre la cabine et cette dernière. Il arrive, lorsqu’il braque fort à droite, que la vitre arrière du tracteur frôle la trémie additionnelle. © P. Denis/GFA

Une trémie de pailleuse

« J’ai récupéré la petite trémie sur une désileuse pailleuse traînée Jeantil, explique l’éleveur. Sa capacité est de 100 kg de farines. J’ai eu du mal à la trouver, car la plupart des concessionnaires refusaient de me la vendre seule. »

Cette trémie est composée d’une cuve, dans laquelle se trouvent deux vis sans fin horizontales pour le mélange. Elles sont animées par un moteur hydraulique et tournent chacune dans le sens inverse de l’autre. Une trappe pour vider la cuve est située en dessous. « J’ai passé un peu de temps à dégripper la trappe, car la machine que j’ai récupérée dormait dehors depuis longtemps », confie Anthony. Il a ensuite installé la trémie sur la mélangeuse, en positionnant la trappe au-dessus du tapis de distribution. Le complément tombe dans le flux et est incorporé directement dans la ration. « J’ai fabriqué le support chez mon beau-frère, qui travaille beaucoup l’acier. J’ai donc pu découper, souder et peindre avec de bons outils, et dans de bonnes conditions », précise l’exploitant.

Il a été également nécessaire de couper légèrement la tôle au-dessus du tapis, sinon la descente de la trémie additionnelle ne rentrait pas. « Je me suis aperçu que lorsque celle-ci est pleine, son couvercle bouge, car le mélange a tendance à pousser dessus, décrit-il. Quand je le vois se lever, j’inverse le sens de rotation des vis de mélange, pour envoyer la matière dans l’autre sens et éviter qu’elle ne déborde. J’ai installé ce système début décembre, quand mon emploi du temps me l’a permis. »

Il a fallu environ deux jours à Anthony pour démonter la trémie de son support d’origine et en créer un nouveau, mais aussi pour l’installer sur la mélangeuse et la connecter hydrauliquement. « J’ai perdu un peu de temps sur la partie hydraulique, car au début j’avais branché le moteur des vis sans fin en dérivation sur le moteur du tapis. Mais l’huile allant au plus facile, elle n’entraînait pas le moteur de la trémie. J’ai donc, finalement, décidé de le brancher en série. »

Le bricoleur estime l’investissement pour cette modification à 500 euros, l’acier du support et la trémie compris. « Quand j’aurai un peu de temps, j’ai pour projet d’installer des petites rehausses afin d’augmenter légèrement le volume de la trémie, sans pour autant ajouter trop de contraintes sur le châssis », indique l’éleveur .

Paul Denis