À l’est du Cambrésis, Gautier Nicaise élève, avec ses frères Cyril et Bertrand, 120 vaches laitières et exploite 205 hectares (blé, maïs, colza et pâtures). Le Gaec des Deux Moulins est situé à Saint-Benin, dans le Nord. Il possède deux sites distants d’une dizaine de kilomètres, sur lesquels les bêtes sont reparties (60 sur chaque). Le site principal est constitué de la ferme familiale, avec des bâtiments anciens et des hangars plus récents. « Une fois par semaine, je dois nettoyer le second site avec l’engin, explique Gautier. Il était donc impératif qu’il puisse rouler à 40 km/h. Les bêtes sont installées sur une aire paillée, ce qui nécessite d’ajouter de la paille quotidiennement et de nettoyer les bâtiments régulièrement, environ une fois par semaine. »

 

« Je dispose d’une pince à enrubannage convertible pour manipuler des ballots de foin et de paille, explique l’éleveur. J’ai seulement dû adapter l’interface d’attache pour l’installer sur la chargeuse. » Pour l’hydraulique, les outils ont l’avantage d’avoir les mêmes besoins et des raccords standard. © P. Denis/GFA
« Je dispose d’une pince à enrubannage convertible pour manipuler des ballots de foin et de paille, explique l’éleveur. J’ai seulement dû adapter l’interface d’attache pour l’installer sur la chargeuse. » Pour l’hydraulique, les outils ont l’avantage d’avoir les mêmes besoins et des raccords standard. © P. Denis/GFA

Pour les autres tâches, sur le second site, un Manitou 629 reste en permanence sur place. « Avant d’acheter la chargeuse, nous avions un chariot télescopique Merlo 35.7, et c’était le seul engin de ce type sur l’exploitation, poursuit-il. Je réfléchis à acheter une chargeuse télescopique depuis 2016. Mais, à l’époque, la gamme n’était pas suffisamment développée et nous avions peu de recul sur ce type de machine. Je suis donc reparti sur un chariot télescopique. Quatre ans plus tard, la question s’est reposée, car ce dernier arrivait à 3 500 heures, et je commençais à avoir beaucoup de frais de maintenance dessus. »

 

« J’effectue un travail plus précis qu’avec un téléscopique, confie Gautier. Si je ne suis pas bien placé dans mon bâtiment, par exemple trop près d’un mur ou d’un poteau, j’ai seulement à donner un coup de volant pour corriger la position de mon outil. C’est la même chose lorsque je range mes balles : si je ne suis pas parfaitement aligné, je corrige en braquant. » © P. Denis/GFA
« J’effectue un travail plus précis qu’avec un téléscopique, confie Gautier. Si je ne suis pas bien placé dans mon bâtiment, par exemple trop près d’un mur ou d’un poteau, j’ai seulement à donner un coup de volant pour corriger la position de mon outil. C’est la même chose lorsque je range mes balles : si je ne suis pas parfaitement aligné, je corrige en braquant. » © P. Denis/GFA

Une prise en main facile

Le nouvel engin, un Manitou MLA T533 145 V +, est arrivé en juillet 2021 et la prise en main s’est faite plutôt rapidement. « Je conduis des chariots télescopiques depuis que je suis jeune, précise Gautier. Il a fallu que je m’adapte au gabarit de la machine et à sa puissance. La première utilisation s’est faite pendant la moisson, j’avais donc des balles de paille et de foin à charger. Ensuite, je l’ai utilisée pour manipuler les balles d’enrubanné. »

Selon la première impression de l’éleveur, il faut être plus doux dans les manœuvres qu’avec le chariot, car les mouvements sont bien plus brusques. « Au début, j’ai eu peur de me renverser lorsque je braquais, car en plus de s’articuler par son centre, la chargeuse bénéficie d’un rayon de braquage moins important que l’ancien engin », ajoute-t-il. L’agriculteur précise qu’il doit faire attention sur les petites routes, un seul coup de volant pouvant faire dévier le chargeur de la machine de plusieurs mètres. De même, lorsqu’on tire un plateau, il est nécessaire d’être vigilant dans les intersections, car celui-ci a tendance à aller tout droit en suivant l’arrière de la chargeuse.

 

« Concernant l’accès moteur, c’est vraiment le jour et la nuit par rapport au chargeur télescopique », apprécie Gautier. Pour l’entretien courant – les filtres, les radiateurs et le reste du moteur –, tout est très spacieux. Le graissage de la machine se fait aussi facilement, car plusieurs graisseurs sont centralisés au cœur de la machine. © P. Denis/GFA
« Concernant l’accès moteur, c’est vraiment le jour et la nuit par rapport au chargeur télescopique », apprécie Gautier. Pour l’entretien courant – les filtres, les radiateurs et le reste du moteur –, tout est très spacieux. Le graissage de la machine se fait aussi facilement, car plusieurs graisseurs sont centralisés au cœur de la machine. © P. Denis/GFA

« Concernant les avantages, le confort est vraiment supérieur : on est installé plus haut et les pneus plus gros amortissent mieux les chocs, souligne Gautier. C’est vrai aussi bien sur route lorsque je me rends sur le second site, que dans les champs quand je charge des balles. Je trouve la visibilité meilleure, tant sur le bras télescopique qu’autour de la machine. À terme, je l’ai même trouvée moins fatiguante à utiliser. » La chargeuse a déjà effectué 400 heures depuis son arrivée à la ferme.

La même polyvalence

« Généralement, je commence par distribuer la ration avec un tracteur et une mélangeuse, puis je prends la chargeuse pour pailler, dit-il. J’utilise une pailleuse dérouleuse Altec, sur laquelle j’ai changé l’interface d’attache pour qu’elle corresponde à celle de la chargeuse. Afin d’éparpiller les deux balles quotidiennes, il suffit de donner des coups de volant pour répartir la paille à droite et à gauche. Enfin, si besoin, je nettoie le fumier dans la foulée, afin d’optimiser mon temps au maximum. »

Un godet désileur Desvoys est utilisé l’été, quand il y a moins de vaches dans les bâtiments, ce qui permet de faire des rations plus petites sans salir le bol. « Quant aux accessoires, j’ai gardé le godet grappin d’origine du Merlo, sur lequel je n’ai fait que modifier l’attache, expose Gautier. J’ai cependant racheté un godet multifonction et un à céréales, plus volumineux, pour exploiter les capacités de la machine. »

Et de conclure : « J’espère que l’investissement dans cette chargeuse, supérieur à celui d’un chariot télescopique, sera rentabilisé d’ici à quelques années. Car je m’attends à ce que la machine me coûte moins cher à entretenir et qu’elle vieillisse mieux, et donc à obtenir une valeur résiduelle plus élevée lorsque je souhaiterai m’en séparer. » Paul Denis