Tout éleveur sait que la réalisation du tas est un moment clé de la réussite de son fourrage. Vincent Hervé et Johan Le Cadet sont associés dans l’entreprise de travaux agricoles (ETA) Ouest Prestations rurales à Tréal, dans le Morbihan. Depuis trois ans, ils tassent au moyen d’une chargeuse articulée équipée d’une fourche à ensilage, complémentaire d’un tracteur équipé d’une lame.

 

Le tracteur équipé d’une lame est complémentaire de la chargeuse, notamment pour les finitions. © G. Baron
Le tracteur équipé d’une lame est complémentaire de la chargeuse, notamment pour les finitions. © G. Baron

Débit de chantier

Les fenêtres météorologiques sont de plus en plus restreintes et le développement de la méthanisation augmente les surfaces à récolter­ avec l’ajout des cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive). Face à ces évolutions, la notion de débit de chantier devient primordiale,­ y compris pour la mise en silo et le tassage.

Johan explique que la nécessité d’utiliser des fourches d’une capacité supérieure à celles adaptées aux chargeurs frontaux de tracteur s’est imposée depuis plusieurs années. « Auparavant, nous utilisions un chargeur télescopique, se rappelle Johan. Mais nous avons fait le choix, il y a trois ans, d’investir dans une chargeuse avec une fourche à ensilage. C’est d’abord le développement des surfaces d’ensilage d’herbe chez nos clients qui nous a motivés. La densité de l’herbe requiert une grande puissance. Mais aujourd’hui, même en maïs, nous n’utilisons plus que cette méthode.

 

La fourche peut emporter plus de 11 m³ de maïs ensilage, soit entre 1,2 et 1,5 t d’ensilage non tassé. © G. Baron
La fourche peut emporter plus de 11 m³ de maïs ensilage, soit entre 1,2 et 1,5 t d’ensilage non tassé. © G. Baron

L’entrepreneur ne regrette aucunement le changement qui a permis d’améliorer la vitesse de mise en tas et la qualité du tassage. « Avec une douzaine de tonnes à vide et une importante capacité de chargement, le niveau de compaction est meilleur. À cela s’ajoutent une maniabilité et une visibilité qui n’ont rien à voir avec celles du chariot télescopique. Le confort au travail et l’efficacité s’en trouvent nettement améliorés, poursuit-il. Nous ne reviendrions pas en arrière aujourd’hui. » La chargeuse JCB 419 est habituellement équipée d’une fourche à ensilage Redrock de 3,60 m à dents rondes. Elle est exceptionnellement équipée du dernier modèle du constructeur nord-irlandais, aux dimensions plus impressionnantes (lire l’encadré).

 

À bord de la chargeuse, la visibilité sur la fourche et son contenu est bonne. © G. Baron
À bord de la chargeuse, la visibilité sur la fourche et son contenu est bonne. © G. Baron

Garder un tracteur en complément­

Au volant de sa machine, Johan n’est pas seul à gérer la mise en tas des 120 hectares de maïs de ce chantier. Un tracteur équipé d’une lame sur le relevage avant évolue à ses côtés. « Les deux sont complémentaires, explique l’entrepreneur. La chargeuse est très efficace pour mettre rapidement en tas une remorque fraîchement vidée. » Pour finir le tas, la chargeuse est en bas et pousse le fourrage en hauteur, vers le tracteur qui nivelle le tout et assure les finitions. Ce dernier pousse plus vite, mais il emmène moins de matière : « Les deux ont leurs avantages et leurs inconvénients, résume Johan. Cela dépend aussi du chauffeur et de ses envies, mais les utiliser en même temps assure un très bon débit de chantier et un rendu de qualité. »

Si c’est l’utilisation lors des ensilages qui a motivé l’investissement dans la chargeuse pour Vincent et Johan, ils s’en servent également pour d’autres travaux, notamment lors des épandages de fumiers. « Les épandeurs sont remplis deux ou trois fois plus rapidement avec une chargeuse. »

Gildas Baron