« Une vache qui souffre à une patte n’ira pas se faire traire », constate Lionel Menant, fort de son expérience de dix ans en robot de traite. Un mois avant la fusion, les éleveurs ont donc paré les vaches boiteuses et celles aux onglons longs dans les deux troupeaux. Le pareur a diagnostiqué la dermatite chez une dizaine d’animaux. Un traitement a été mis en place pour éviter la contagion. Chaque vache atteinte a été soignée avec un spray antibiotique, une fois par jour au moment de la traite. D’après Lionel, « une amélioration a été constatée après 4 ou 5 jours ». Par précaution, les autres vaches seront également parées. En complément, un pédiluve sera mis en place à la sortie du pâturage, deux fois par semaine pendant au moins trois semaines. Des aménagements ont été réalisés dans les bâtiments pour limiter les risques de boiteries : « Le nouveau sol en béton a été passé au vinaigre pour neutraliser le revêtement qui peut être abrasif, les rainures des couloirs d’exercice ont également été refaites pour éviter de glisser. »

Les fusions de cheptel favorisent les boiteries en facilitant la propagation de la maladie de Mortellaro (ou dermatite digitée). Elle se manifeste par des lésions cutanées circonscrites superficielles de la peau digitée, situées le plus souvent entre les talons sur les pieds postérieurs.

Le Guide d’intervention pour la gestion sanitaire des regroupements de troupeaux bovins (1) propose des protocoles pour établir les statuts des maladies les plus fréquentes. Pour les boiteries, le statut est favorable si plus de 80 % des vaches ne présentent pas de signes de douleur (pas de position de soulagement au niveau des pieds, des membres droits et parallèles et une ligne du dos droite). Dans le cas contraire, le guide préconise le parage de tous les animaux souffrants et de l’ensemble du cheptel si la dermatite est présente. Il est conseillé de réaliser un parage chaque année. Pour le logement, l’humidité et une mauvaise hygiène des aires de vie sont des facteurs de risque supplémentaires.

(1) Unité de maîtrise de la santé des bovins, 2014, Joly A., Roussel P.