« Le développement de la sous-traitance est l’un des marqueurs de l’évolution de notre modèle agricole. Face à une profession incapable de se reproduire, les chefs d’exploitation sont de moins en moins nombreux et la nouvelle génération de producteurs comporte de plus en plus de nouveaux profils. Certains jeunes souhaitent reprendre la structure familiale sans conserver le modèle existant. S’ils gardent une activité à l’extérieur ou si leur conjoint ne travaille pas sur place, des choix de gestion s’opèrent. La délégation en fait partie. Les agriculteurs de demain ne seront pas uniquement des personnes qui endossent des responsabilités sur les fermes, ce seront aussi des salariés ou encore des collectifs de personnes qui souhaitent avant tout vivre de leur métier et mener à bien leur projet. On parle beaucoup de définir le statut de ce qu’est un agriculteur, alors que la profession reposera de plus en plus sur la main-d’œuvre salariée. Je pense que la nouvelle génération cherche avant tout un revenu et non un statut.

Le vrai enjeu est de savoir si la France est capable de maintenir le travail agricole, sous toutes ses formes. Il est primordial de renforcer les politiques d’installation mais aussi de mettre en place de vraies politiques d’insertion dans le salariat agricole. C’est un réel enjeu de durabilité, notamment à l’échelle de certains territoires où des outils industriels présents à l’aval de la profession menacent de ne plus fonctionner, faute de repreneurs sur les exploitations. »

Propos recueillis par Bertille Quantinet