Auditionné à l’Assemblée nationale le 2 mai, Éric Thirouin, président de l’AGPB, annonce la couleur : pour le secteur des grandes cultures, la sortie du glyphosate coûterait 950 millions d’euros. « C’est colossal ! Derrière, c’est plus de main-d’œuvre. On estime à 12,7 millions d’heures par an ce qu’il faudra consacrer à nos cultures. C’est également une consommation d’énergie plus importante, avec 87 millions de litres supplémentaires utilisés. »

Investissements en matériel, produits de substitution… Le surcoût pour les exploitations représenterait de 50 à 160 €/ha. « On a un vrai sujet de distorsion de concurrence, affirme Éric Thirouin. L’impact est lourd sur la compétitivité mais aussi sur le bilan carbone. » Car aujourd’hui, l’alternative au glyphosate reste la solution mécanique. Le travail du sol impliquerait 225 000 t de CO2 supplémentaires, « soit l’équivalent de 62 000 voitures mises en circulation », souligne-t-il. « On a des impasses sur les cultures sans labour, et sur les vivaces comme le chiendent ou le liseron. » Si les attentes sociétales ont été entendues par la filière, elles ne sont pas sans conséquences, ni possibles sans un accompagnement financier de l’État. « Nous voulons bien aller de l’avant, mais à partir du moment où l’on trouve des alternatives et où les contraintes économiques sont compensées », conclut Éric Thirouin.

Justine Papin