« Si nous sortons sans accord, nous tombons dans le vide. Ce sera catastrophique pour nous, mais les conséquences seront aussi difficiles pour les agriculteurs de l’Union européenne et de France. » Stuart Roberts, vice-président de la National Farmers Union (NFU), association représentant les agriculteurs britanniques, était très inquiet pour l’avenir de son secteur. Invité du 73e congrès annuel de la FNSEA à Nancy le 28 mars dernier, l’agriculteur anglais émettait de réelles craintes sur le sort de la filière ovine du Royaume-Uni. « À peu près la moitié de la viande est exportée, dont 95 % vers l’Europe, estimait-il. Il n’y a pas de mots pour exprimer la manière dont la filière sera affectée. »

Pour limiter les dégâts, Stuart Roberts ne voit qu’une seule alternative au maintien de son pays dans l’Union européenne. « Au lendemain des résultats du référendum (voir l’infographie ci-contre), j’avais trois priorités : le commerce, le commerce et encore le commerce. »

Il le sait, une sortie sans accord conduirait à une augmentation des prix de l’alimentation. Un problème que certains élus britanniques proposent de résoudre de manière radicale. « Il y a un groupe de politiciens au Royaume-Uni qui est tellement terrifié par cette hausse qu’il est prêt à ne pas défendre les standards élevés de sûreté et de protection alimentaire pratiqués en Europe. Nous ne devons pas les laisser arriver à leurs fins. Il faut absolument que nous obtenions un accord. » Une voie que les élus de la chambre des communes ne sont pas encore prêts à prendre.