Patrick Mieyaa est éleveur de veaux à Bernadets, dans les Pyrénées-Atlantiques. Il y a deux ans, lorsqu’il a relancé l’atelier élevage de l’exploitation familiale, c’est avec Juviveau Productions qu’il a démarré. Cette entreprise, créée en 2012, regroupe la coopérative gersoise Vivadour, le chevillard Maison Jucla, qui abat à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), et le négociant en bétail Bidegain, au Pays basque.

Une intégration pure

« Nous avons mis en place ce rapprochement amont-aval et créé une agro-chaîne pour sécuriser les approvisionnements de la Maison Jucla en veaux de boucherie haut de gamme, explique Brice Lacaze, responsable filière bovine chez Vivadour. L’objectif était de répondre à la demande de sa clientèle de bouchers traditionnels, avec une qualité identique toute l’année. C’est une sécurité pour les éleveurs, qui ont la garantie que tous les veaux mis en place seront vendus. »

L’activité agricole est entièrement intégrée. L’éleveur n’achète ni les veaux, sélectionnés par la SARL Bidegain lorsqu’ils ont trois semaines, ni le lait, fourni par Juviveau. Il soigne et nourrit les bêtes jusqu’à ce qu’elles aient atteint cent quarante jours (environ 160 kg de carcasse) et partent à l’abattoir. Maison Jucla commercialise ensuite la viande sous la marque Louchébem. Celle-ci doit être la plus blanche possible et son grain extra fin.

A la recherche de nouveaux éleveurs

L’éleveur est payé 70 euros par veau, auxquels peuvent s’ajouter 15 à 25 euros selon la qualité et le poids. Juviveau commercialise sept mille veaux par an. « Cet élevage est devenu ma principale activité, témoigne Patrick Mieyaa. J’en produis deux bandes par an, soit environ trois cent soixante au total, et je leur consacre cinq heures par jour. C’est une production délicate, qui demande du savoir-faire, mais qui est rémunératrice. »

Juviveau productions dispose aujourd’hui de quatre mille places chez ses producteurs, qui sont toutes utilisées. L’entreprise pourrait écouler une vingtaine de veaux de plus par semaine et cherche à recruter de nouveaux éleveurs.

Florence Jacquemoud