«Avec la relance de la collecte bio du groupe Sodiaal dans les monts du Beaujolais, nous étions plusieurs éleveurs à nous interroger sur les changements nécessaires à la réussite d’une conversion, explique Vincent Bochard, éleveur laitier en Gaec avec son épouse à Avenas. Nous voulions revoir notre façon de travailler. Nous nous sommes aperçus que nous avions les mêmes besoins techniques et, qu’en nous réunissant, nous pourrions plus facilement partager les informations. Ainsi est né le collectif Biojolait. »

L’association, créée en novembre 2016, regroupe 16 exploitations en polyculture-élevage, dont la majorité s’est convertie à l’agriculture biologique entre 2015 et 2016. Toutes vendent leur production au groupe Sodiaal, soit un peu plus de 4 millions de litres de lait par an. « Notre premier travail s’est focalisé sur la place de la prairie dans le système fourrager. Avec le passage en bio, la culture du maïs devient plus compliquée. Il faut se recentrer sur la culture de l’herbe. Beaucoup d’entre nous avaient besoin de revoir ces fondamentaux. Nous avons donc organisé, en partenariat avec la chambre d’agriculture, des journées techniques sur cette thématique », indique Vincent, par ailleurs président de Biojolait.

Achats groupés

Pour sécuriser les approvisionnements, les producteurs ont instauré des achats groupés de maïs épis. « Nous avons noué un partenariat avec la coopérative La Dauphinoise qui nous trouve une marchandise locale, bio et à prix correct », explique l’éleveur. L’année dernière, 700 tonnes de maïs épis ont ainsi été achetées. Le groupe facilite aussi l’approvisionnement des céréales avec le tri et l’échange de semences entre producteurs. Grâce à ce réseau, deux tonnes de semences de céréales et autant en semences fourragères ont pu être échangées à un prix raisonnable. Le collectif a mis en place un essai de 2 ha de céréales pour comparer différentes variétés de blé, mais aussi différents modes de fertilisation.

Toutes ces actions ont été reconduites pour l’année 2018 et de nouvelles idées émergent. « Nous allons travailler sur l’implantation des prairies sous couvert de céréales au printemps, ou encore organiser des journées techniques sur la conduite du pâturage », se réjouit Vincent Bochard.

Camille Penet