Dans le Toulois, les abeilles se font désormais les témoins des bonnes pratiques agricoles grâce à l’analyse des pollens collectés à l’entrée de la ruche. Une opération « vérité » mise sur pied par le comité agricole de ce plateau à dominante grandes cultures. « Cette démarche fait suite à celle initiée l’an passé avec les balances connectées (voir la FA n° 3798 du 3 mai 2019) qui quantifient le pollen ramené à la ruche, explique Michel Grosjean, président du CAPT. Nous avons postulé auprès d’Atmo Grand-Est, qui surveille la qualité de l’air, pour aller plus loin, et notre proposition a été retenue. À la clé : des aides financières de l’Europe et du département. Une dizaine d’agriculteurs se sont lancés dans la production de miel, à la suite de la formation dispensée cet hiver par un syndicat apicole. »

Philippe Delaire, de Martincourt, et Jérôme Henry, de Gézoncourt, ont ainsi acquis des ruches. « L’objectif est de prouver que nos méthodes sont correctes », explique Philippe. « Heures d’application, conditions hygrométriques, buses antidérives… Beaucoup d’efforts sont déjà faits, souligne Jérôme, comme le prouvent les résultats des analyses. Il faut le faire savoir davantage. »

« Vous êtes bons »

Les premiers recueils de pollen ont eu lieu en avril-mai et les analyses ont été réalisées par le laboratoire Eurofins, à Nantes. « 250 molécules ont été recherchées et aucune n’a été détectée. À l’exception du pendiméthaline (matière active de Prowl) à l’état de traces, note Michel Grosjean. J’ai appelé le directeur de la CAL, la coopérative qui collecte sur le département, avec ce message à faire passer auprès des agriculteurs : “Vous êtes bons, soyez encore meilleurs !  Nous voulons montrer aussi que cette opération est reproductible partout, et permet de communiquer positivement auprès du grand public. »

Dominique Péronne